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16/08/2016 12:15 EDT | Actualisé 17/08/2017 01:12 EDT

Syrie: Washington déplore les frappes de Moscou à partir de l'Iran

Les Etats-Unis ont déploré mardi que la Russie ait frappé des jihadistes en Syrie à partir de l'Iran, les Américains reconnaissant toutefois avoir été prévenus à l'avance par Moscou avec qui ils continuent de parler d'une éventuelle coopération militaire.

"C'est malheureux mais pas étonnant", a réagi le porte-parole du département d'Etat Mark Toner.

"Franchement, cela ne fait que compliquer une situation déjà assez complexe et difficile. Cela nous éloigne de ce que nous recherchons: une cessation des hostilités sur tout le territoire (syrien) et un processus politique à Genève qui conduise à une transition pacifique", a regretté le diplomate américain.

Avant lui, le porte-parole de la coalition contre le groupe Etat islamique (EI), le colonel américain Chris Garver, avait indiqué que Moscou avait prévenu peu avant que ses bombardiers ne décollent d'une base en Iran pour aller frapper les jihadistes.

La coalition et la Russie essaient de s'entendre pour éviter tout accident ou confrontation inutile entre leurs avions dans le ciel syrien: les deux camps se tiennent donc en général informés des opérations en cours.

"Ils nous ont informés qu'ils allaient traverser (une zone sous contrôle de la coalition) et nous avons fait en sorte de nous assurer de la sécurité des vols quand leurs bombardiers sont passés à travers la zone en se dirigeant vers leurs cibles, et quand ils sont rentrés. Cela n'a pas eu d'impact sur les opérations menées dans le même temps par la coalition, ni en Irak, ni en Syrie", a expliqué le militaire américain.

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou avait annoncé que des bombardiers Tu-22M3 et Su-34 avaient décollé de la base militaire de Hamedan, dans le nord-ouest de l'Iran, pour frapper en Syrie des positions de l'EI et du Front al-Nosra (aujourd'hui Front Fateh al-Cham après avoir renoncé à son rattachement à Al-Qaïda) à Alep, Deir Ezzor et Idleb.

Le colonel Garver a souligné que les jihadistes de l'EI étaient concentrés à Deir Ezzor, mais pas à Alep ou Idleb.

Mark Toner, du département d'Etat, a d'ailleurs une nouvelle fois accusé la Russie de "prendre pour cible continuellement et majoritairement les forces de l'opposition modérée syrienne".

Les Etats-Unis et leurs partenaires de la coalition internationale anti-EI bombardent les jihadistes depuis deux ans en Irak et en Syrie, la Russie frappant avant tout depuis près d'un an en appui aux forces du président syrien Bachar al-Assad.

C'est la première fois que la Russie utilisait un pays tiers pour mener des raids en Syrie depuis le déclenchement de sa campagne militaire le 30 septembre.

L'entrée en jeu de Moscou dans la guerre en Syrie n'a jamais dissuadé le secrétaire d'Etat John Kerry de chercher une voie de coopération entre les Etats-Unis et la Russie.

Lors d'une visite de M. Kerry à Moscou mi-juillet, les deux puissances s'étaient mises d'accord sur des "mesures concrètes", restées confidentielles, pour sauver la trêve et combattre les jihadistes. John Kerry avait promis fin juillet des annonces pour le début du mois d'août sur cette éventuelle collaboration militaire américano-russe.

"Nous continuons à parler avec la Russie (...) d'un cessez-le-feu national sérieux, d'une ouverture totale à l'aide humanitaire et d'une reprise des négociations (entre le régime syrien et l'opposition) à Genève", a assuré M. Toner en référence à la feuille de route internationale pour trouver une porte de sortie à la guerre en Syrie.

"Mais nous n'y sommes pas encore", a-t-il concédé.

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