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16/08/2016 03:02 EDT | Actualisé 17/08/2017 01:12 EDT

Syrie: HRW dénonce l'utilisation d'armes incendiaires par Damas et Moscou

Les avions des armées syrienne et russe ont à plusieurs reprises fait usage d'armes incendiaires pour des raids "honteux" sur des civils dans le nord de la Syrie, a accusé mardi Human Rights Watch.

L'ONG basée à New York fait état de l'utilisation à au moins 18 reprises de bombes incendiaires depuis juin, qui ont fait plus d'une dizaine de blessés.

Il y a des "preuves irréfutables" que la Russie soutenait les avions du gouvernement syrien dans ces attaques, souligne-t-elle.

Le directeur de la division Armes de HRW, Stephen Goose, a appelé "le gouvernement syrien et la Russie à cesser immédiatement d'attaquer les zones civiles avec des armes incendiaires".

"Les attaques honteuses aux armes incendiaires en Syrie reflètent le manquement inqualifiable au respect du droit international limitant l'emploi" de ce type d'armes, affirme M. Goose.

Les armes incendiaires peuvent causer des brûlures cutanées et respiratoires extrêmement douloureuses. Les victimes survivantes souffrent souvent de longues séquelles physiques et psychologiques dues à l'étendue des cicatrices et des défigurements qu'elles entraînent.

Parmi ces attaques répertoriées par HRW, deux ont été menées le 7 août contre des secteurs sous contrôle rebelles dans les villes d'Alep et d'Idleb.

Un volontaire de la Défense civile a raconté comment "le feu s'était emparé de tout, maisons, voitures, réservoirs d'essence et même de l'herbe".

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) dit lui aussi avoir répertorie l'emploi de thermite --une substance incendiaire-- par des avions russes sur les province d'Idleb, Alep, Deir Ezzor et Raqa.

Début août, des militants de la ville rebelle assiégée de Daraya, près de Damas, avaient accusé le régime d'avoir utilisé des bombes au napalm contre la population.

Toutes les parties en conflit en Syrie se sont accusées mutuellement d'attaques contre les populations civiles et de l'emploi d'armes non conventionnelles, comme le chlore et le gaz moutarde.

HRW a affirmé que l'emploi d'armes incendiaires en Syrie avait "augmenté d'une manière significative" depuis le début le 30 septembre 2015 des raids aériens russes en soutien au gouvernement de Damas.

Dans une lettre à HRW en novembre, la Russie a admis "l'usage abusif" de bombes incendiaires ayant causé "des dommages humanitaires significatifs" en Syrie.

Depuis 2012, HRW a répertorié l'emploi de quatre différentes armes incendiaires dans le pays en guerre, toutes de fabrication soviétique.

Plus de 290.000 personnes ont été tuées en cinq ans de guerre en Syrie et plusieurs millions d'autres ont dû fuir leurs foyers.

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