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16/08/2016 09:14 EDT | Actualisé 17/08/2017 01:12 EDT

Liberia: fronde des députés contre le président de l'Assemblée, poursuivi pour corruption

Les députés libériens se sont réunis mardi en deux sessions parallèles, rassemblant respectivement partisans et adversaires du président de l'Assemblée nationale, Alex Tyler, visé par des appels à la démission pour corruption.

Les députés réclamant l'éviction de M. Tyler ont intensifié le 11 août leur contestation, tenant une session séparée avec pour ordre du jour sa révocation, pour laquelle ils se sont dits confiants d'obtenir la majorité requise des deux tiers du Parlement de 73 sièges, soit 49.

M. Tyler et d'autres hauts responsables politiques libériens ont été mis en cause en mai dans un rapport de l'ONG Global Witness accusant la compagnie minière britannique Sable Mining de pratiques de corruption pour s'assurer des concessions de minerai de fer au Liberia et en Guinée.

Ces accusations ont conduit à l'ouverture d'enquêtes dans ces deux pays voisins et à des arrestations, dont celle d'Alex Tyler, poursuivi pour "crimes économiques" et libéré sous caution.

Après s'être retrouvés à 34 la semaine dernière, les anti-Tyler ont rassemblé mardi 36 députés, et au moins 39 ont signé la motion réclamant sa démission, selon un journaliste de l'AFP.

"Nous continuons à recueillir des signatures et très bientôt nous aurons le nombre requis pour destituer le président de l'Assemblée", a déclaré pendant la séance du 11 août Hans Barchue, leur chef de file.

"Nous ne pouvons pas garder un président inculpé de corruption", a-t-il estimé.

Outre Alex Tyler, le chef du parti au pouvoir au Liberia, Varney Sherman, ancien avocat de Sable Mining, a également été inculpé de "crimes économiques" et libéré sous caution.

Le patron de Sable Mining, Andrew Groves, a par ailleurs été inculpé par une commission spéciale anti-corruption mise en place par la présidence libérienne, qui n'a toutefois pas divulgué les charges exactes.

Au total, Global Witness accuse la compagnie minière d'avoir payé près de 960.000 dollars (plus de 855.000 euros) à plusieurs responsables libériens ou à leurs proches entre 2010 et 2012 pour s'assurer leurs faveurs en vue de l'obtention de concessions pour l'extraction de minerai de fer.

Par le passé, la présidente Ellen Jonhson Sirleaf elle-même a été la cible d'accusations de corruption et de népotisme, en particulier en faveur de ses fils.

Le nom de son beau-fils, Fombah Sirleaf, chef des services de renseignement, apparaît d'ailleurs dans le rapport comme bénéficiaire de milliers de dollars de frais - notamment de voyages et de téléphone.

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