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16/08/2016 08:45 EDT | Actualisé 17/08/2017 01:12 EDT

Le décathlonien Damian Warner aura fort à faire pour déloger Asthton Eaton

RIO DE JANEIRO — Parmi ses nombreux effets personnels pour son voyage aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro, le décathlonien vedette canadien Damian Warner avait un livre, un iPad et du matériel artistique.

L'Ontarien de 26 ans amorce la quête de sa première médaille olympique, mercredi, au premier jour du décathlon — le test ultime avec 10 épreuves réparties sur deux jours. Le gagnant est souvent désigné comme le «plus grand athlète au monde».

Ces dernières années, Warner a eu du mal à faire le vide entre ses épreuves, soit il continuait à songer à celle qu'il venait de compléter ou il se stressait en pensant à celle à venir. Mais peu importe, c'est épuisant mentalement.

Le médaillé d'argent et de bronze aux Mondiaux s'est donc mis à travailler avec le spécialiste en psychologie de la performance, le Montréalais Jean-François Ménard.

«Non pas parce que nous pensions que je faisais quelque chose que je ne devais pas faire, ou que j'avais des pensées négatives, a expliqué Warner. Mais puisque le décathlon compte beaucoup de temps mort, nous avons commencé à travailler avec lui sur des stratégies et des façons de récupérer quand c'est nécessaire. Quand je dispute une épreuve, je suis donc à 100 pour cent prêt, au lieu de perdre toute cette énergie à penser à un tas de choses.

«Ce sont des tactiques pour faire le vide de la compétition. Ça peut paraître un peu bizarre, j'en conviens.»

Ménard, qui a eu le Cirque du Soleil parmi ses clients, a fait le voyage avec Warner et son entraîneur Vickie Croley lors de la célèbre réunion de Götzis le printemps dernier, pour étudier l'horaire des décathloniens.

«Il n'arrivait pas à croire la longueur des journées», a mentionné Croley.

La première journée du décathlon comprend le 100 mètres, le saut en longueur, le lancer du poids, le saut en hauteur et le 400 mètres. Warner dispose d'une pause d'une demi-heure entre les trois premiers événements, mais il doit patienter aussi longtemps que cinq heures avant les deux dernières épreuves de la journée.

Le deuxième jour, le 110 mètres haies, le lancer du disque, le saut à la perche, le lancer du javelot et le 1500 mètres se déroulent de façon similaire.

Donc, pour éviter de dépenser trop d'énergie mentale entre les épreuves, il prévoit de lire, de regarder des films sur son iPad, ou de dessiner, «pour me permettre de me calmer et de ne pas vraiment penser à ce qui s'en vient. Je ne pense pas à la compétition, je conserve donc mon énergie pour la prochaine épreuve. J'ai hâte de voir les résultats.»

Warner et Croley ont également travaillé avec le physiologiste sportif Trent Stellingwerff afin de prévoir un horaire pour s'alimenter — quand et quoi manger, tout en gardant à l'esprit la nourriture qui serait disponible à Rio. Warner est allé jusqu'à s'entraîner à courir le 400 mètres trois heures après avoir mangé un repas de poulet et de riz.

«Il sera mieux préparé que jamais à tous les niveaux pour un décathlon», a affirmé Croley.

Warner est arrivé aux Jeux olympiques de Londres il y a quatre ans avec un classement mondial dans les deux chiffres, mais il a causé une surprise en terminant cinquième. Il a continué à améliorer son classement mondial, remportant le bronze aux championnats du monde en 2013 et l'argent l'été dernier à Pékin.

Mais l'Américain Ashton Eaton, champion olympique en titre et détenteur du record du monde, se dresse toutefois devant lui dans sa quête de la plus haute marche du podium.

Les Gramantik, un expérimenté entraîneur canadien multisports qui a travaillé avec Warner cette saison, croit «que la seule personne qui peut battre Ashton est Ashton lui-même.

«Ashton a tout simplement une petite longueur d'avance, a dit Gramantik. Ils ont tous les deux quelques points faibles, mais moins Ashton que Damian.»

Warner a trimé dur pour améliorer ces points faibles, notamment le saut à la perche et le saut en longueur, et il a fait le déplacement à Phoenix à quelques reprises l'hiver dernier pour travailler en compagnie du légendaire entraîneur Dan Pfaff.

L'épreuve du saut à la perche a le potentiel de faire dérailler son décathlon, mais il a réalisé sa meilleure performance personnelle cette saison.

«Ça rehausse ma confiance au lieu de me dire: 'Oh, mon dieu, voilà le saut à la perche, qui va me faire perdre l'avance?'»

La force de Warner est sa vitesse. Il détient les meilleurs chronos au décathlon pour le 100 mètres et le 110 mètres haies.

Eaton revendique les meilleures performances mondiales au 400 mètres et au saut en longueur.

La conjointe d'Eaton, la Canadienne Brianne Theisen-Eaton, a remporté la médaille de bronze de l'heptathlon samedi, la première médaille du Canada en athlétisme à ces jeux.