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16/08/2016 08:15 EDT | Actualisé 17/08/2017 01:12 EDT

JO-2016 - Lavillenie: toujours placé, une seule fois gagnant

Durer au sommet n'est pas gagner: c'est la dure loi qui s'applique depuis 2009 dans les grands événements au +Napoléon+ de la perche, Renaud Lavillenie, recordman du monde (6,16 m en salle) depuis février 2014.

La loi des séries a encore frappé lundi aux Jeux de Rio, où le Français a été devancé par le jeune Brésilien Thiago Braz (6,03), tout en réalisant son meilleur saut de la saison (5,98 m).

Le temps de quatre Mondiaux et deux JO, le Clermontois d'adoption a remporté un seul or, celui des Jeux de Londres, terminant néanmoins chaque fois sur le podium dans les cinq autres rendez-vous.

A l'exception de 2011, Lavillenie s'était présenté aussi comme leader mondial de la saison.

- Jeunes -

Autre statistique notable. Hormis en 2009, où il est devancé par l'expérimenté (27 ans) Australien Steven Hooker, champion olympique 2008, et le Français Romain Mesnil, 32 ans, dans les autres situations, Lavillenie a subi à chaque fois la loi de perchistes émergents, âgés entre 21 ans (le Canadien Shawn Barber, son bourreau des Mondiaux 2015 mais décevant à Rio) et 23 ans (l'Allemand Raphael Holzdeppe, or aux Mondiaux 2013).

"Il nous a mis une belle carotte le gars-là. Il a sorti le concours de sa vie au bon moment. C'est décevant, c'est frustrant. Surtout à chaud. Après, bravo, y a un mec qui arrive à planter 6,03 m en finale des Jeux alors qu'il traîne 10 essais dans le concours. Bravo. Je le félicite le mec, il est bon", a réagi Philippe d'Encausse, entraîneur de Lavillenie.

"Est-ce qu'on pouvait penser que ce mec là pouvait sauter à cette hauteur ? Peut-être pas à cette hauteur. On savait que c'était un des adversaires principaux de Renaud, mais le public de tifosi l'a bien aidé a priori", a ajouté M. d'Encausse.

Le contexte particulier de la torcida (groupe de supporters de football), qui a sifflé copieusement Lavillenie à chacun de ses essais, ne doit pas occulter l'essentiel: Thiago Braz, 22 ans, est un grand talent fait pour durer.

Natif de l'Etat de Sao Paulo, il a été façonné par l'Ukrainien Vitaly Petrov, déjà mentor du tsar Serguei Bubka et de la tsarine Yelena Isinbayeva.

Le sorcier de la perche l'a fait venir il y a un an et demi au centre de préparation de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) à Formia, près de Rome, qu'il dirige depuis que Bubka a raccroché.

- Ecole soviétique -

Petrov, c'est le représentant de l'école soviétique, qui met l'accent sur le physique et une technique irréprochable, celle que Thiago Braz a exhibée pour effacer la barre à 5,93 m et ainsi améliorer son record personnel de 10 centimètres.

"Mais je savais qu'il valait bien mieux que 5,93 m. En Allemagne, lors d'un concours hors stade en juin, il avait raté de peu les 6 mètres", a rappelé Petrov.

Déjà, après l'échec de son poulain aux Mondiaux 2015, non qualifié pour la finale, Petrov avait assuré à l'AFP que l'objectif était "bien les Jeux de Rio": "Toute la préparation tend à ce but", avait-il insisté.

L'opération commando a été une réussite. Et puis, pour le technicien, "trouver une pépite comme Thiago Braz, aux portes de la retraite, c'est une sacrée chance à mon âge" (71 ans).

"Le sentiment qui prédomine, c'est la satisfaction d'avoir fait le concours qu'il fallait, et surtout d'avoir tout donné. Il n'y a rien à dire sur Thiago, il a fait un saut extraordinaire à 6,03 m. Le côté sportif est magnifique", a souligné Lavillenie, le vaincu magnifique, bientôt 30 ans.

asc/ol/sk