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16/08/2016 11:13 EDT | Actualisé 17/08/2017 01:12 EDT

JO-2016 - Budapest-2024 joue la carte de Jeux à taille humaine

Budapest a défendu mardi à Rio sa candidature pour l'organisation des jeux Olympiques 2024, revendiquant la nécessité d'organiser une compétition à taille humaine, dans une ville moyenne, après quatre JO confiés à des mégalopoles.

"Pékin, Londres, Rio, Tokyo, quatre mégalopoles qui ont accueilli les Jeux", a relevé Balazs Furjes, président du Comité Budapest-2024 en conférence de presse. "L'Agenda-2020 a augmenté les opportunités pour les autres, ceux qui attirent des audiences nouvelles, plus jeunes".

Adopté par le CIO en décembre 2014, l'Agenda-2020 est un ensemble de mesures notamment destinées à éviter les projets pharaoniques. Nouvelle Bible des instances olympiques, il appelle à privilégier les équipements existants plutôt que la construction dispendieuse de nouvelles installations.

"Ces vingt dernières années, nous avons investi pour 55 milliards de dollars en transports et infrastructures générales", a relevé Balazs Furjes, évoquant par ailleurs quelque 2,5 milliards d'installations sportives prévues entre 2012 et 2019, indépendamment de la candidature.

Budapest est en compétition avec Paris, Los Angeles et Rome qui toutes ont profité des JO de Rio pour assurer leur promotion, à la fois auprès des membres du Comité international olympique (CIO) et de la presse mondiale.

Le président français François Hollande est venu apporter son soutien à la candidature parisienne. Rome a reçu de son côté à Rio le soutien du Premier ministre Matteo Renzi, Budapest celui du Premier ministre Viktor Orban et du président Janos Ader et Los Angeles celui du secrétaire d'Etat John Kerry.

- La question des réfugiés -

La capitale hongroise revendique, de part la taille du pays, sa capacité à organiser des Jeux largement accessibles à l'ensemble de sa population, en soulignant sa position stratégique au coeur de l'Europe.

La Hongrie a fondé son Comité national olympique en 1895 et fait partie des pays fondateurs du CIO. Classée huitième au classement mondial des médailles de tous les temps, elle est la seule Nation membre du top 10 à n'avoir jamais organisé des Jeux.

Et à ceux qui évoquent le fait que Paris et Los Angeles sont considérés comme favoris, la ville hongroise se défend avec ardeur. "Tout se joue sur la réactivité et la détermination. Ce qui importe c'est la performance", a estimé Agnes Kovacz, double médaillée olympique en natation.

Le dossier actuellement le plus gênant pour la candidature pourrait bien être politique. Alors qu'une équipe de réfugiés est en lice à Rio, pour la première fois dans l'histoire de l'olympisme, la Hongrie est vertement critiquée pour sa position très dure dans la crise des réfugiés en Europe.

Le Premier ministre Orban qualifie de "poison" l'immigration. "Pas besoin d'une politique migratoire européenne commune", avait-il déclaré fin juillet. "Qui veut des migrants peut en prendre mais ne nous les imposez pas".

Un sujet que la candidature n'a pu éviter. "La crise des réfugiés est un défi mondial, seule une solution mondiale peut y répondre", a estimé le président de Budapest-2024. "Aucun pays, aucune nation ne peut le gérer seul. Ce que le sport peut faire est de réunir les gens", a-t-il ajouté.

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