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16/08/2016 18:22 EDT | Actualisé 17/08/2017 01:12 EDT

JO-2016 - Bolt, Klishina et des sifflets

Le bouillant public de Rio a visité toute la palette des comportements mardi: admiratif pour Usain Bolt, indifférent pour Darya Klishina, seule Russe présente en athlétisme, frondeur et siffleur à l'encontre du Français Renaud Lavillenie.

"Deux médailles de plus et ce sera fait: immortel": Usain Bolt a posé le cadre de ses deux prochains rendez-vous, sur 200 m et relais 4x100 m (jeudi et vendredi).

"L'Eclair" s'est baladé (20 sec 29) en séries du 200 m, pour accéder aux demi-finales (mercredi), avant la finale (jeudi).

Avec deux titres supplémentaires, Usain Bolt réaliserait le "triple-triple" (100 m, 200 m, 4x100 m) comme à Pékin en 2008 et à Londres il y a quatre ans. Et il rejoindrait deux légendes, le Finlandais "volant" Paavo Nurmi et le grand Carl Lewis, parmi les sportifs les plus titrés (9 or) de l'histoire des Jeux en athlétisme.

Hasard de la programmation, Usain Bolt, présenté comme le "sauveur" de l'athlétisme, gangréné par les affaires et le dopage, est revenu le jour où apparaît la sauteuse en longueur Darya Klishina.

Acceptée à titre exceptionnel puis exclue par la Fédération internationale (IAAF) et enfin réintégrée, sur injonction du Tribunal arbitral du sport (TAS)... Klishina, unique Russe présente dans les épreuves d'athlétisme, a finalement été autorisée à participer aux JO.

-'Ca marque une carrière' -

La blonde Russe est entrée en piste dans l'indifférence générale, avant d'assurer sa qualification pour la finale de la longueur avec un saut à 6,64 m.

Mais entre temps, le stade à moitié plein s'est fait frondeur pour conspuer le Français Renaud Lavillenie, battu par le Brésilien Thiago Braz en finale de la perche lundi soir.

Dans la foulée de sa défaite, Lavillenie avait fustigé le comportement du public qui, comme en football, avait sifflé ses derniers essais.

"C'est la première fois qu'on voit ça en athlé. Je pense que la dernière fois qu'on a vu ça, c'est quand Jesse Owens a couru en 1936", avait-il dit dans une référence aux JO de Berlin, sous le régime nazi.

Lavillenie s'est ensuite excusé. Mais visiblement, le public n'a pas apprécié. Le recordman du monde a été copieusement sifflé mardi soir lorsqu'il est revenu au stade pour recevoir sa médaille d'argent.

En larmes sur le podium, il s'est effondré dans les coursives du stade, où il a été réconforté par Sebastian Coe, le président de l'IAAF, puis Thomas Bach, le président du Comité international olympique, ainsi que l'ancien perchiste Serguei Bubka, qu'il a dépouillé de son record du monde.

"Sur la compétition, c'était très malheureux, mais c'est comme ça. Là, je me suis senti humilié sur le podium. J'ai essayé de me retenir pendant la cérémonie, c'était tellement dur", a déclaré Lavillenie sur France Televisions.

- Quadruplé pour Biles -

"Honnêtement, je ne le souhaite à personne, c'est ignoble", a-t-il poursuivi. "Une chose est sûre, c'est qu'un manque total de fair-play comme ça, dans une compétition olympique, ça marque une carrière", a souligné Lavillenie, réitérant ses excuses pour sa "comparaison déplacée".

Thomas Bach a lui blâmé sur twitter un "comportement choquant du public qui a hué Renaud Lavillenie sur le podium. Inacceptable aux jeux Olympiques".

Au milieu de ce psychodrame, la Kényane Faith Kipyegon a remporté le 1500 m en 4 min 08 sec 92, devançant la favorite éthiopienne Genzebe Dibaba. Le Canadien Derek Drouin s'est imposé en saut en hauteur (2,38 m) alors que le 110 m haies est revenu au Jamaïcain Omar McLeod (13 sec 05/100e).

Pas de quoi nourrir l'enthousiasme chauvin des Brésiliens, rassasié par une troisième médaille d'or décrochée par le boxeur Robson Conceicao.

En revanche, le pays-hôte a abandonné une belle chance de titre avec la défaite de l'équipe de football féminin en demi-finale face à la Suède, à l'issue de la séance de tirs au buts.

Et les autres ? Rayon performance individuelle, la gymnaste américaine Simone Biles a égalé le record de quatre médailles d'or décrochées sur les mêmes JO en remportant la finale du sol.

Championne olympique par équipes, du concours général et du saut, elle n'avait terminé que 3e à la poutre, laissant passer l'occasion de devenir la première quintuple médaillée en or de l'histoire.

Faute d'être la première, elle rejoint la Soviétique Larissa Latynina (1956), la Tchécoslovaque Vera Caslavska (1968) et la Roumaine Ecaterina Szabo (1984). Biles (1,45 m) n'est pas (encore) la plus grande de toutes !

pga/el