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16/08/2016 14:04 EDT | Actualisé 17/08/2017 01:12 EDT

JO-2016 - Biles: coup de grâce pour quadruplé record

Simone Biles, saga olympique, 5e et dernier épisode: celui d'une quatrième médaille d'or aux JO-2016 cueillie mardi au sol, qui convoque un record et traduit l'impressionnante domination de l'Américaine dans la gymnastique artistique féminine.

La Texane de 19 ans, pour ses premiers Jeux, avait auparavant été titrée à Rio par équipes, au concours général et au saut, outre une médaille de bronze à la poutre.

"Ç'a été une expérience incroyable, a-t-elle déclaré. Tout ce que j'ai gagné, je n'aurais jamais pu en demander autant."

Mardi, elle quittait le présent immédiat pour entrer dans l'histoire en égalant le record de quatre titres sur les mêmes JO, codétenu par la Soviétique Larissa Latynina et la Hongroise Agnes Keleti en 1956, quand il y avait sept compétitions contre six aujourd'hui, ainsi que la Tchécoslovaque Vera Caslavska (1968) et la Roumaine Ecaterina Szabo (1984).

Sur les six titres possibles, elle n'en aura laissé échapper que deux, dont celui des barres asymétriques, son point faible.

Sur ses cinq finales disputées, elle aura connu une fausse note, lundi, quand elle a perdu l'équilibre à la poutre et deux places au podium. Elle avait beau faire bonne figure avec son bronze olympique, le rêve d'un quintuplé inédit s'était évanoui.

"Je pars de mes premiers JO avec cinq médailles dont quatre en or, comment pourrais-je être déçue?", a-t-elle relevé.

Mais il lui fallait néanmoins absolument finir en beauté. "Je voulais finir sur une bonne note, a-t-elle souligné. On était sur les nerfs, mais il n'y avait pas de place pour la nervosité".

Et pour le sacre, un mano a mano l'opposait à sa copine Aly Raisman, déjà sa dauphine au concours général.

- Raisman encore dauphine -

Ce duel se situait à un étage inaccessible pour le commun des gymnastes, où seules habitent les deux Américaines, entre la triple championne du monde en titre et la tenante olympique. Et comme d'habitude, c'est la cadette qui a pris la mezzanine au détriment de celle qu'elle surnomme affectueusement "Grandma" (mamie) pour ses 22 ans.

Passée en cinquième sur le praticable derrière quatre concurrentes qui n'avaient pas atteint la barre des 15, Biles a tutoyé celle des 16 (15,966), manquée de peu pour une petite erreur sur sa dernière réception. C'était bien la seule.

Son mouvement au sol représente son chef d'oeuvre gymnique, sur un agrès qu'elle archidomine. Ça s'est fait sur un air de samba, une pincée de malice et une combinaison d'agilité mêlée de puissance. Avec son truc en plus, sa marque de fabrique: un double salto arrière tendu avec demi-vrille et retombée à l'aveuglette, saut qui s'appelle le Biles, tout simplement.

Raisman, sur le célèbre air russe Kalinka, a sorti le grand jeu et enchaîné les sauts sans anicroche, déclenchant une ferveur similaire à l'enthousiasme soulevé par la meilleure gymnaste du monde, mais a encore une fois fini deuxième.

Ce qui n'a pas vraiment été du goût du président de la Fédération internationale (FIG), qui a trouvé la gymnastique de Raisman "plus artistique" que celle de Biles.

"Le sens de l'artistique est lié à la personnalité mais aussi à la morphologie du corps, a dit à l'AFP Bruno Grandi. Elle (Biles) est presque une bombe, avec une élévation spectaculaire. A chaque fois qu'elle cherche à faire des mouvements artistiques, ils semblent un peu forcés. Mais elle a gagné, et elle ne l'a pas volé !"

Sur le podium, à bonne distance, est montée l'étonnante Britannique Amy Tinkler, pimpante et nette dans ses exécutions.

Plus tôt, dans la finale messieurs des barres parallèles, l'Ukrainien Oleg Verniaiev, qui avait poussé le "roi" Kohei Uchimura dans ses retranchements au concours général, avait pris l'or devant l'Américain Danell Leyva et le Russe David Belyavskiy.

La barre fixe a clôturé les compétitions de gymnastique artistique à Rio avec le premier sacre de l'Allemand Fabian Hambüchen, devant le même Leyva et le Britannique Nile Wilson. Le tenant du titre, le Néerlandais Epke Zonderland, a chuté.

A noter l'échec de la Chine, qui repart des JO sans aucune médaille d'or en gymnastique artistique, masculine et féminine. Une première depuis 1984.

ybl/el