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15/08/2016 21:21 EDT | Actualisé 16/08/2017 01:12 EDT

JO-2016/Athlétisme - Thiago Braz, héros brésilien

En un saut à 6,03 m, dix centimètres au-dessus de son record personnel, le Brésilien Thiago Braz est devenu le héros de tout un pays en décrochant dans un stade olympique de Rio à moitié vide le titre de champion olympique à la perche, tombeur du Français Renaud Lavillenie.

Un déluge pour commencer qui a retardé le début de l'épreuve, un coup de poker pour jouer l'or et une ambiance de stade de foot peu fair-play: tous les ingrédients étaient réunis pour faire du concours olympique du saut à la perche un moment d'une dramaturgie exceptionnelle.

Et dans le rôle de la vedette de ce thriller, Thiago Braz a tenu le haut de l'affiche.

A 22 ans, originaire de l'État de Sao Paulo, le perchiste n'est pas un inconnu. Champion du monde juniors en 2012, le gaillard (1,83 m/75 kg) est entraîné à Formia (Italie) par Vitaliy Petrov, mentor de Sergueï Bubka et, pendant un temps, de Yelena Isinbayeva. Le tsar et la tsarine d'un empire disparu.

Pour M. Petrov, c'est aussi une manière de chasser la nostalgie. Il y a un an, alors que son poulain avait échoué aux Mondiaux de Pékin, où un autre jeunot, le Canadien Shawn Barber, avait déjà mis en échec Lavillenie, Petrov avait expliqué que toute la préparation était "axée pour remporter une médaille aux JO".

Lundi soir à Rio, Lavillenie, champion olympique, sifflé par la torcida mais visage imperturbable, avait la situation bien en mains. Jusqu'à 5,98 m. Quatre sauts, tous au premier essai, et le détenteur du record du monde (6,17 m) était solidement installé en tête du concours, un centimètre au-dessus de la marque de son titre à Londres.

Et puis, Thiago Braz a fait l'impasse à cette hauteur, pour s'attaquer directement à 6,03 m.

Un coup de poker réussi sous le regard imperturbable de Petrov. Lavillenie avait le visage décomposé et Thiago Braz pouvait fêter son succès sur l'air de Pais tropical.

- Rudisha triomphant, Felix abasourdie -

L'exploit de Braz a relégué au second plan le doublé du Kényan David Rudisha sur 800 m, conservant un titre décroché à Londres en 2012.

Au terme d'une course maîtrisée de bout en bout en 1 min 42 sec 15 et le bras droit levé en fier Massai triomphant, il est devenu le quatrième +half miler+ à remporter deux titres olympiques sur 800 m, après le Britannique Douglas Lowe (1924/1928), l'Américain Mal Whitfield (1948/1952) et le Néo-Zélandais Peter Snell (1960/1964).

En finale dans le stade Engenhao, il n'y a pas eu de suspense. Bien calé dans la foulée de son jeune compatriote Alfred Kipketer, lièvre de luxe (49 sec 23 au 400 m), Rudisha a pris l'initiative au milieu de la ligne opposée pour creuser l'écart.

Le Français Pierre-Ambroise Bosse, qui avait tenté de le suivre, s'est brûlé les ailes, terminant au pied du podium.

Champion olympique du 1500 m à Londres, Makhloufi a mis à profit sa résistance et son finish pour s'emparer de la médaille d'argent, avec un nouveau record national, devant le jeune Américain Clayton Murphy.

"Courir en 1 min 42 sec, c'est simplement fantastique. Je me sentais bien physiquement. C'est le plus grand moment de ma carrière", a souligné Rudisha.

Le Massai a aussi rappelé qu'il n'avait pas été facile de retrouver la forme après ses problèmes à un genou. "J'ai perdu des courses mais frère Colm O'Connell m'a motivé. Cela demande beaucoup de discipline, beaucoup de sacrifices pour conserver la forme physique au long des années", a expliqué le roi du 800 m.

Pour Allyson Felix, la soirée carioca restera bien amère.

La grande championne américaine est restée abasourdie, assise sur la piste à l'arrivée du 400 m que la jeune Bahaméenne Shaunae Miller lui a ravi en plongeant (49 sec 44, contre 49 sec 51).

"C'est dur à avaler. J'ai tout donné. A la fin, j'étais complètement vidée physiquement et émotionnellement. Je la voulais vraiment", a-t-elle expliqué, la voix éraillée par l'émotion.

Maigre lot de consolation, elle devient l'athlète américaine la plus médaillée aux JO. "C'est un sentiment doux amer, car c'est la déception qui prime là", s'est épanchée la Californienne.

asc/tba/sk