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16/08/2016 07:39 EDT | Actualisé 16/08/2016 07:40 EDT

International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu : une colossale entreprise

Pascal Ratthé

La météo ne s’est pas montrée tellement doucereuse depuis l’ouverture du 33e International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu, samedi dernier. Or, si Dame Nature était consciente de tous les efforts colossaux qui sont déployés pour rendre la fête magique pour les tout-petits comme les plus âgés, et faire voler tous les jours les gros ballons colorés dans le ciel montérégien, elle collaborerait peut-être davantage. Il est toutefois permis de demeurer enthousiaste pour les jours à venir, les prédictions penchant davantage vers le soleil que vers la pluie d’ici la fin de l’événement, le dimanche 21 août.

Car, si Rome ne s’est pas construite en un jour, l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu non plus, comme l’explique Benoit Lemay, directeur exécutif du festival. Lui qui en tient les commandes depuis deux ans affirme que le rassemblement nécessite «366 jours de travail» par année.

Six personnes s’y consacrent à temps plein, en permanence, les six premiers mois étant surtout dédiés à l’élaboration des budgets, à la coordination et à la mise sur pied de la programmation.

Puis, l’équipe s’élargit au gré des tâches à accomplir en vue du grand lancement de la mi-août. Certains y restent deux, six ou dix mois. Trois semaines avant l’entrée des premiers festivaliers, quelque 75 âmes s’affairent à dresser planchers, clôtures, scènes et tentes où se tiendront les diverses activités.

Le terrain de 1,5 million de pieds carrés de l’International est en fait celui de l’aéroport de Saint-Jean-sur-Richelieu, qui ferme ses pistes un mois à l’avance pour permettre aux troupes d’installer leur imposant attirail. Il faut ensuite environ une semaine pour décorer les différentes zones (la Promenade des Artisans, les Camions de rue, la Planète Ballon, les espaces commandités, les trois scènes, etc).

«On travaille jusqu’à minuit le vendredi soir, pour l’ouverture à midi le samedi», signale Benoit Lemay.

Pendant la semaine de l’International, en comptant les étudiants et bénévoles, on estime que près de 2000 personnes apportent leur «huile de bras» à cette machine très bien rodée, qui en donne pour tous les goûts.

«Souvent, les gens reviennent plus d’une fois, parce qu’ils n’ont pas le temps de faire le tour du site complet en une seule journée», précise Benoit Lemay.

Jeux et ballons

En plus de la programmation artistique (Redfoo, Galaxie, Ariane Moffatt, Champion et ses G-Strings, Dumas, les Cowboys Fringants, Francesco Yates et OMI auront tous leur prestation d’ici dimanche), l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu propose un panorama d’attractions pensées pour tous les groupes d’âges.

Jeux gonflables pour les bouts de choux, rampe de skateboard et «Shack» avec jeux de table et babyfoot pour les adolescents – un public que l’organisation avait jadis délaissé un tantinet, mais qu’on souhaite reconquérir en force -, bistros pour les adultes, manèges de Beauce Carnaval pour tous, il n’y a pas de prétexte pour s’ennuyer.

«Les gens ont des attentes, se déplacent et reviennent, soutient Benoit Lemay. Il faut sans cesse se renouveler.»

Tous ces attraits ne dénaturent en outre pas la toute première raison d’être du festival, les montgolfières, qui volent au nombre de 125, deux fois par jour, à 6h le matin et 18h le soir, lorsque le temps le permet. Le concept d’envolées accessibles au grand public affiche pratiquement toujours complet, assure Benoit Lemay, qui s’enorgueillit d’ajouter à sa «flotte» de montgolfières une dizaine de nouvelles formes par année.

Auparavant simplement local, le happening a acquis le titre «International» dans les années 90, à partir du moment où des pilotes et ballons de partout dans le monde ont commencé à y participer. Les experts dans le domaine viennent d’aussi loin que le Brésil, le Mexique ou l’Inde pour vivre l’expérience de Saint-Jean-sur-Richelieu. En 2016, huit pays sont représentés, en plus du Canada et des États-Unis. Et les pilotes ne se font jamais tirer l’oreille pour venir jusqu’ici, jure Benoit Lemay.

«Les pilotes veulent venir et sont bien traités. C’est neuf jours d’événements, ils volent matin et soir, c’est dur pour le corps, mais ils ne sont pas difficiles à convaincre!»

Les souvenirs de Jean-Marc

Natif de Saint-Jean-sur-Richelieu, y demeurant toujours, Jean-Marc Parent entretient un lien très particulier avec l’International de montgolfières, qui fait quasiment partie des meubles de son «décor de vie».

Lorsqu’il reçoit des amis à souper, l’humoriste s’étonne toujours de les voir quitter précipitamment la table pour se ruer à l’extérieur lorsqu’ils entendent les immenses engins aux mille et un designs s’élancer dans le ciel. Car ses propres oreilles n’en font aujourd’hui plus grand cas, des montgolfières!

N’empêche, l’homme conserve un précieux souvenir de l’époque où il faisait partie des équipes de poursuite qui suivaient les ballons en pick-up, dans les champs.

«C’était le gros fun, imagine, à 20 ans. C’était dix fois plus le fun que la montgolfière en elle-même», se remémore Jean-Marc, amusé.

«Puis, on a vu comment le festival a évolué, poursuit-il, plus sérieux. On a vu combien il devenait important. Au fil des années, on n’en revenait pas. Et aujourd’hui, c’est devenu un incontournable. L’organisation est parvenue à aller chercher de gros noms, et je pense que c’est ce qui les a fait grandir. Je me souviens du passage des Backstreet Boys, dans le temps où ils étaient hot, en 1996!»

Le fier ambassadeur de la ville se produira sur la Scène Loto-Québec de l’International de montgolfières ce dimanche, 21 août, à 21h, dans un spectacle qui ressemblera peut-être un brin… ou pas, au récent Événement JMP qu’il a offert au Festival Juste pour rire. Après tout, on connaît les talents d’improvisateur de la bête de scène…

«J’ai une frustration avec L’Événement JMP. C’est un show de quatre heures que je fais une seule fois, à chaque année, alors que je pourrais faire une tournée de quatre ans avec. Cette année, il a été particulièrement bon ; mais il est «brûlé», fini. Alors, au moins, dans les festivals, je peux récupérer une couple d’affaires, puisque ça n’a pas passé à la télé. Mais c’est possible que je ne ramène rien, non plus, et que je ne fasse qu’improviser.»

«Je vais sûrement parler des montgolfières comme telles, ajoute le chouchou du Festival Juste pour rire. Il y a de belles anecdotes que je n’ai jamais racontées. J’avais un ami qui conduisait des montgolfières comme on conduit une moto ; avec lui, j’ai foncé dans un fil électrique, flotté dans l’eau… Il y a beaucoup de choses à raconter, et je vais sûrement en parler!»

L’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu se poursuit jusqu’au 21 août. Toutes les informations sont disponibles sur le site web officiel.

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