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16/08/2016 05:41 EDT | Actualisé 17/08/2017 01:12 EDT

Havelange, un des derniers dinosaures du sport mondial

C'est une caste en voie d'extinction: Joao Havelange, décédé mardi, faisait partie de cette poignée de caciques du sport mondial au long règne sans partage.

Foot: Joao Havelange

Président de la Fifa de 1974 à 1998, Havelange, mort à l'âge de 100 ans, a fait entrer l'institution dans une nouvelle dimension. La direction du foot mondial est ainsi devenue une machine à cash et la Coupe du monde s'est ouverte à de nouveaux territoires (Etats-Unis et duo Japon-Corée du Sud), passant de 16 à 32 équipes.

Accusé de gouverner par clientélisme, l'ancien membre de l'équipe olympique brésilienne de natation et de water-polo a été rattrapé par les affaires et a dû abandonner son siège au CIO en 2011, avant de démissionner de ses fonctions de président d'honneur de la Fifa en 2013, sur fond de scandales de corruption.

Le Brésilien fut le mentor de Joseph Blatter, le bras droit qui lui a succédé de 1998 à 2015. Un proche décrivait deux hommes unis par une "relation père-fils". Récemment, ils s'appelaient encore chaque semaine au téléphone.

Foot: 'Sepp' Blatter

Entré en 1975 comme directeur des programmes de développement, "Sepp" Blatter, aujourd'hui 80 ans, a tout appris d'Havelange dont il a été secrétaire général pendant 17 ans. Devenu numéro 1 en 1998, il a marché dans les pas de son père spirituel.

"Mon plus grand succès ? Avoir rendu le football universel", s'est longtemps félicité le Suisse, grand artisan de la première Coupe du monde organisée sur le continent africain en 2010 (Afrique du Sud).

Son règne s'est achevé brutalement, sous une vague de scandales. Il s'est retiré le 2 juin 2015 alors qu'il venait d'être réélu quatre jours avant pour un 5e mandat. Sa position n'était plus tenable. Une descente du FBI et une rafle de hauts dirigeants du foot mondial dans un hôtel de luxe de Zurich quelques jours juste avant sa réélection avaient plongé la Fifa dans la plus grande crise de son histoire, sur fond de corruption à grande échelle.

Blatter a lui-même été suspendu 6 ans par la justice interne de la Fifa pour le fameux paiement controversé de 1,8 M EUR à Michel Platini. "Sepp" se rendra en personne le 25 août à Lausanne devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester cette sanction.

Athlétisme: Lamine Diack

Président de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) pendant près de 15 ans, le Sénégalais a d'abord joué avec succès sur plusieurs terrains durant sa longue carrière. Champion national de saut en longueur puis DTN de l'équipe de football du Sénégal, il a ensuite construit sa base politique (maire de Dakar, député), tout en restant impliqué dans le sport.

Premier vice-président de l'IAAF, le Sénégalais s'est retrouvé à 66 ans à la tête du premier sport olympique à la mort de l'Italien Primo Nebiolo, en 1999.

Le vieux lion, âgé de 82 ans, a aussi été rattrapé par les affaires et a été mis en examen pour corruption passive et blanchiment aggravé, soupçonné d'avoir couvert des cas de dopage d'athlètes, notamment russes. Il ne s'était pas représenté à sa succession à la présidence de l'IAAF en août 2015 et c'est la légende britannique Sebastian Coe qui a été élue.

Cyclisme: Hein Verbruggen

Né en 1941, le Néerlandais a longtemps fait la pluie et le beau temps dans le cyclisme, présidant dès 1984 la Fédération internationale du cyclisme professionnel puis l'Union cycliste internationale (UCI). Jusqu'à son départ en 2005, année de la première retraite de Lance Armstrong.

Sa proximité, notamment d'affaires, avec l'ex-vainqueur du Tour lui a été reprochée au point qu'une commission a enquêté sur d'éventuelles compromissions. Devenu l'un des hommes influents du sport mondial par le biais notamment du Comité international olympique (CIO), il a présidé la commission de coordination des JO-2008 de Pékin.

F1: Bernie Ecclestone

Le grand argentier de la F1 a fêté ses 85 ans en octobre. Il continue à régner sur un sport qui a survécu à plusieurs crises majeures, dont deux faillites d'écuries (Caterham et Marussia) et l'accident de Jules Bianchi au Japon ces derniers mois.

Depuis les années 80, l'Anglais gère (presque) tout en F1. "Mr E" avait pris du recul l'été dernier à cause d'un procès pour corruption à Munich, conclu par le versement de 100 M EUR. Puis il est revenu aux affaires. Tout cela avec la bénédiction de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), dont les deux derniers présidents, Max Mosley, 74 ans, et Jean Todt, 69 ans, ont choisi de le laisser faire.

Olympisme: Juan Antonio Samaranch

Décédé en 2010 à 89 ans, l'Espagnol est resté à la tête du CIO de 1980 à 2001. Il a été, selon son successeur, le Belge Jacques Rogge, "le dirigeant le plus influent du CIO" depuis Pierre de Coubertin, le fondateur.

Héritant d'une institution désuète, l'ancien secrétaire aux Sports de Franco, qui a fait entrer l'olympisme dans l'ère du professionnalisme, a fait des Jeux ce qu'ils sont aujourd'hui, grâce aux énormes contrats de sponsoring signés avec les multinationales et à l'augmentation exponentielle des droits télé.

Marqué par des scandales de corruption, notamment lors de l'attribution des Jeux d'hiver à Salt Lake City (2002), son mandat l'a également été par des affaires de dopage, dont celle du sprinteur canadien Ben Johnson aux JO de Séoul en 1988.

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