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16/08/2016 03:46 EDT | Actualisé 17/08/2017 01:12 EDT

Cachemire: Amnesty International accusé de "sédition" en Inde

La police indienne a annoncé mardi l'ouverture d'une enquête pour "sédition" à l'encontre d'Amnesty International après que des Cachemiris eurent, selon des témoins, lancé des appels à l'indépendance de leur région lors d'un événement organisé par l'ONG.

La police de Bangalore (sud) avait été saisie de plaintes d'une organisation étudiante nationaliste, dont des membres avaient enregistré l'événement.

"Nous avons ouvert une enquête pour sédition et émeutes contre Amnesty, conformément à plusieurs textes du code pénal, après avoir reçu une plainte sur l'utilisation de slogans anti-indiens lors de cet événement", a déclaré T.R. Suresh, adjoint du commandant de la police locale.

"Nous enquêtons sur cette plainte et vérifions la vidéo pour étayer les accusations et identifier ceux qui ont lancé ces slogans", a-t-il ajouté.

Des poursuites pour sédition ont souvent été lancées par le passé contre les partisans de l'indépendance du Cachemire, une région divisée entre l'Inde et le Pakistan mais que les deux pays revendiquent en intégralité.

Ces poursuites interviennent à un moment de fortes tensions au Cachemire indien, dont beaucoup de zones sont sous couvre-feu après des semaines de violences entre manifestants et forces de l'ordre.

La sédition peut être punie de la perpétuité en Inde mais les condamnations sont rares.

L'événement en question s'est tenu samedi au Collège théologique uni de Bangalore, où des familles du Cachemire étaient venues parler des violations des droits de l'Homme dans leur région.

Des militants du Akhil Bharatiya Vidyarthi Parishad, une organisation étudiante proche du BJP nationaliste au pouvoir, affirment que certains Cachemiris présents ont utilisé des slogans indépendantistes.

"Aucun employé de Amnesty International n'a crié de slogan où que ce soit, a réagi l'organisation dans un communiqué. L'événement portait clairement sur les accusations de violations des droits de l'homme et le déni de justice au Jammu-et-Cachemire."

Pour Aakar Patel, directeur général d'Amnesty en Inde, "la plainte et les poursuites pour sédition témoignent d'un manque de confiance dans les droits fondamentaux et les libertés en Inde".

Plus de 60 personnes ont péri dans les violences qui secouent le Cachemire depuis le 8 juillet, date à laquelle Burhan Wani, un chef des rebelles séparatistes, a été tué dans un affrontement avec les forces de sécurité.

Mardi, les forces de sécurité ont abattu quatre personnes et blessé 12 autres lors d'une manifestation dans le village de Aripanthan, dans le Cachemire indien. Les manifestants entendaient dénoncer les méthodes agressives des patrouilles nocturnes des forces de l'ordre.

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