POLITIQUE
14/08/2016 02:34 EDT | Actualisé 15/08/2016 11:57 EDT

Les homosexuels peuvent donner du sang après un an d'abstinence

À partir de lundi, un homme ayant eu une relation sexuelle avec un autre homme peut faire un don de sang au Canada un an après son dernier rapport sexuel, et non après cinq ans. Un délai réduit devenu possible grâce à l'efficacité des tests de dépistage, mais qui demeure discriminatoire à l'égard des homosexuels, selon certains.

« Cette politique représente un effort de la part des agences de dons sanguins pour paraître libérales, mais en réalité, rien n'a changé », fait remarquer le Dr Mark Wainberg, directeur du Centre SIDA McGill, à Montréal. « Cette nouvelle politique n'est pas vraiment réaliste, ajoute-t-il, tout comme l'idée de patienter pendant cinq ans sans rapports sexuels ne l'était pas non plus. »

Même si le délai est réduit, les gais ne donneront pas du sang pour autant, selon lui.

«On peut dire que les hommes qui s'abstiendront de relations sexuelles pendant cinq ou un an n'existent pas.» -Dr Mark Wainberg, Centre SIDA McGill

Histoire d'une exclusion

À l'époque, la communauté scientifique découvrait que les mystérieux cas d'immunodéficience sévère chez plusieurs gais étaient en fait un seul virus : le VIH.

« Il était transmissible sexuellement, mais aussi par le sang, rappelle le Dr Gilles Delage, vice-président aux affaires médicales en microbiologie d'Héma-Québec. « On a donc commencé à exclure les personnes à risque », précise-t-il.

Le premier test d'anticorps, en 1985, confirme qu'il y avait un fort pourcentage d'infection chez les gais, raconte le Dr Delage. « On doutait aussi, dit-il, de l'efficacité des tests. »

Au fil des années, le dépistage s'est perfectionné. Vers la fin des années 90, le test d'acide nucléique permet de détecter plus rapidement le virus après y avoir été exposé, indique le microbiologiste. En 2016, on peut réaliser le dépistage neuf jours après exposition.

Dépistage plus efficace

Devant ces avancées, les chercheurs se sont demandé s'il était encore nécessaire d'exclure les homosexuels. Des modèles de risque ont commencé à émerger pour d'éventuelles périodes de délai.

Le Dr Wainberg estime pour sa part qu'il y a plusieurs mesures en place pour prévenir une infection chez une personne qui reçoit une transfusion sanguine. « Si un donneur est contaminé, nous allons trouver ses dons de sang en tout temps et ils ne seront jamais utilisés. Le risque d'être infecté est très minime », souligne le chercheur.

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