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12/08/2016 11:44 EDT

La CDPQ affiche un rendement de 2% pour les six premiers mois de 2016

PC

L'économie mondiale, actuellement "enlisée", aura besoin de "leadership politique" afin de redémarrer, estime la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui n'échappe pas à la morosité actuelle.

Dans le cadre de sa mise à jour semestrielle, l'institution a dévoilé vendredi un rendement de deux pour cent pour les six premiers mois de l'année, surpassant néanmoins de 0,7 point de pourcentage son portefeuille de référence.

En 2015, au cours des six premiers mois, la Caisse avait affiché un rendement de 5,9 pour cent.

"Les gouvernements de l'OCDE ont beaucoup à faire pour entreprendre des réformes structurelles et investir massivement dans des infrastructures comme il y a 50 ou 60 ans, a affirmé le président et chef de la direction de la Caisse, Michael Sabia. Espérons qu'ils seront à la hauteur."

En conférence téléphonique, il a dit prévoir une deuxième moitié d'année qui devrait encore être marquée par la volatilité et une faible croissance économique.

À terme, la croissance moyenne des membres du G7 devrait être d'un pour cent et de 4,5 pour cent du côté des pays en croissance, ce qui est largement en deçà des taux observés depuis la crise financière de 2008.

Non seulement les moyens mis de l'avant par les banques centrales commencent à atteindre leurs limites, a dit M. Sabia, mais les investissements des entreprises continuent de se faire attendre. L'incertitude est particulièrement présente en Europe et une montée du discours protectionniste est observée à plusieurs endroits, dont les États-Unis.

"Il y a beaucoup de points d'interrogation, a-t-il précisé. Au bout du compte, nous pensons que les risques à la baisse sur l'économie mondiale l'emportent."

Au Royaume-Uni, qui représente environ quatre pour cent du portefeuille de la Caisse, il est encore trop tôt pour chiffrer l'impact du vote référendaire du Brexit tenu le 23 juin dernier.

En dépit de la récente turbulence, la CDPQ a investi dans des infrastructures réglementées et indexées à l'inflation, comme l'aéroport londonien de Heathrow, a fait valoir M. Sabia.

"Nous n'avons pas encore constaté d'impacts sur d'autres investissements, comme le transporteur ferroviaire Eurostar, a-t-il dit. Il est encore beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions."

Selon le grand patron de la Caisse, le Brexit n'est qu'un des éléments à l'origine de l'incertitude en Europe, où des élections sont attendues l'an prochain en France ainsi qu'en Allemagne.

Au cours des six premiers mois de l'année, la CDPQ a vu deux de ses trois grandes catégories d'actifs, les revenus fixes et les actifs réels, livrer une performance inférieure à celle de leur indice de référence.

Les revenus fixes ont été de 3,1 milliards $, en progression de 3,8 pour cent, alors que l'indice de référence était de quatre pour cent. Les actifs réels _ qui regroupent les immeubles ainsi que les infrastructures _ ont affiché un résultat de 1 milliard $, soit un rendement de 2,5 pour cent, par rapport à 3,9 pour cent pour son portefeuille de référence.

Finalement, le secteur des actions affiche un résultat de 1,7 milliard $, en hausse de 1,4 pour cent, par rapport à un indice de référence qui fait état d'une baisse de 1 pour cent.

Malgré tout, M. Sabia a estimé que la Caisse avait généré 1,6 milliard $ de "valeur ajoutée" au premier semestre, ce qui représente à son avis la meilleure performance du genre depuis 2010.

"Cela reflète bien notre stratégie, a-t-il dit. Nous cherchons à frapper des coups sûrs régulièrement plutôt que de chercher le coup de circuit."

Avec une pointe d'humour, faisant référence au discours pessimiste du candidat républicain à la Maison-Blanche Donald Trump, le dirigeant de la CDPQ a tenu à rappeler que le monde n'était pas en "perdition" en dépit du contexte d'incertitude.

En date du 30 juin dernier, l'actif net de la CDPQ atteignait 254,9 milliards $, en hausse de 6,8 milliards $ par rapport au 31 décembre 2015.

Sur cinq ans, la Caisse souligne que son rendement annualisé est de 9,2 pour cent, ce qui surpasse la performance de 8,3 pour cent de son portefeuille de référence.

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