DIVERTISSEMENT
11/08/2016 02:56 EDT | Actualisé 11/08/2016 02:57 EDT

Quoi voir au cinéma dès le 12 août 2016? (PHOTOS/VIDÉOS)

Couple watching a movie in an empty cinema
Brand New Images via Getty Images
Couple watching a movie in an empty cinema

Sortie au cinéma prévue? Découvrez les films à l'affiche cette semaine!

Le Huffington Post Québec et Mediafilm.ca vous présentent les films qui prennent l'affiche cette semaine au Québec:

Galerie photo Films de la semaine Voyez les images


ANTHROPOID

République tchèque. 2016. 110 min.

Drame historique de Sean Ellis avec Cillian Murphy, Jamie Dornan, Charlotte Le Bon, Harry Lloyd, Toby Jones, Bill Milner.

En 1942, deux exilés tchèques sont parachutés à quelques kilomètres de Prague pour mener à bien une mission secrète portant le nom de code "Anthropoïde". L'objectif: éliminer le général SS Reinhard Heydrich, le tristement célèbre "Boucher de Prague", l'un des architectes de la Solution finale et le troisième homme le plus important du Reich après Hitler et Himmler. Mais sur place, les deux combattants découvrent rapidement que la résistance tchèque, très mal en point, se montre hésitante à soutenir une opération dont la réussite pourrait déclencher des représailles sanglantes. Aidés par une poignée d'inconnus et deux courageuses résistantes, les deux hommes exécutent néanmoins leur mission, provoquant une série d'événements qui marqueront à jamais l'histoire de la Tchécoslovaquie.

Cette histoire vraie jusque dans ses moindres détails est filmée avec une rigueur, une intelligence et une sensibilité rares par Sean Ellis (CASHBACK). Avec sa mise en scène soignée et son jeu sobre, l'ensemble crée une émotion intense, explosant lors d'une finale mémorable. Bref, un des meilleurs films du genre depuis SAVING PRIVATE RYAN.

EQUITY

États-Unis. 2016. 100 min.

Drame de Meera Menon avec Anna Gunn, Sarah Megan Thomas, James Purefoy, Alysia Reiner, Craig Bierko, Margaret Colin.

Naomi Bishop, cadre supérieure dans une firme de courtage de Wall Street, vient d'essuyer un dur revers, lequel lui a coûté le poste de haute direction qu'elle convoitait. Qu'à cela ne tienne, la femme d'affaires se retrousse les manches, affiche son plus grand sourire et décroche pour sa compagnie le mandat d'orchestrer l'entrée en bourse d'une jeune et prometteuse société de technologie. Le plan d'action qu'elle met en place ne convainc pas tout à fait le client, un crack de l'informatique arrogant. Mais Erin, qui travaille pour Naomi et rêve elle aussi d'une promotion, parvient à rassurer ce dernier en usant de ses charmes. Aussitôt, un climat de méfiance s'installe entre les deux femmes, qui s'amplifiera au fil des jours, alors que Naomi se retrouve dans la mire de Samantha, ancienne compagne de classe devenue détective de l'unité des crimes économiques. L'enquête de cette dernière vise en fait Michael, l'amant de Naomi et courtier réputé, chez qui un soir, Erin vient sonner sans s'être annoncée.

Femmes et pouvoir. Au cinéma, ce thème universel et riche inspire la plupart du temps le même schéma de rivalité. C'est encore le cas dans cette production réservant deux ou trois scènes fortes, une bonne dose de "girl power", mais aussi une pelletée de clichés. La réalisation inexpressive encapsule une intrigue soutenue, mais sans surprise.

FLORENCE FOSTER JENKINS

Grande-Bretagne. 2016. 110 min.

Comédie dramatique de Stephen Frears avec Meryl Streep, Hugh Grant, Simon Helberg, Rebecca Ferguson, David Haig, Nina Arianda, Christian McKay.

États-Unis, 1944. Riche héritière et patronne des arts à New York, Florence Foster Jenkins rêve de retourner chanter l'opéra sur scène, comme à ses modestes débuts. Ce que la sexagénaire ignore, c'est qu'elle n'a aucun talent vocal, ce que son époux, l'Anglais St. Clair Bayfield, lui a toujours caché, pour ne pas heurter ses sentiments. Au contraire, ce comédien, qui n'a lui-même jamais réussi à percer dans le métier, continue à lui faire croire que leurs amis de la haute société se délectent de ses vocalises, achetant à fort prix la complicité de ceux-ci. Forte des encouragements d'un professeur de chant complaisant, Florence recommence les leçons, accompagnée par Cosme McMoon, jeune pianiste plein de bonne volonté, mais qui peine à jouer le jeu. De fait, la situation se complique quand l'héritière, en l'absence de son époux parti jouer au golf avec sa maîtresse, réserve le Carnegie Hall pour y donner un concert. Bien qu'il se soit attaché à sa patronne, Cosme craint pour sa réputation, tandis que St. Clair, qui avait jusque-là réussi à contrôler la situation, voit mal comment il pourra éviter une humiliation publique à sa chère épouse.

Pour raconter la pathétique histoire de Florence Foster Jenkins, Stephen Frears (THE QUEEN) opte pour un traitement plutôt théâtral et une reconstitution d'époque modeste. Masquant ses véritables talents vocaux, Meryl Streep offre une autre prestation mémorable, hilarante et poignante, aux côtés d'un Hugh Grant très solide dans un rôle moralement complexe.

GLEASON

États-Unis. 2016. 110 min.

Documentaire de J. Clay Tweel.

À 34 ans, Steve Gleason, ancien défenseur arrière pour les Saints de La Nouvelle-Orléans dans la NFL, découvre qu'il est atteint de la sclérose latérale amyotrophique, une maladie dégénérative qui s'avère généralement fatale au bout de cinq ans. Six mois plus tard, il apprend que son épouse attend leur premier enfant. Steve décide alors de réaliser un journal filmé, en guise de testament pour ce fils auquel il craint de ne jamais pouvoir parler. Puis, en très peu de temps, l'ex-footballeur met sur pied une fondation pour aider les gens qui souffrent de la même maladie que lui, réalise son rêve de partir en expédition en Alaska et tente une réconciliation avec son père.

Ce documentaire inspirant et brutalement honnête cumule des témoignages bouleversants au fil d'une méditation sur la vie, les relations père-fils et la transmission. Malgré une musique insistante, l'ensemble dégage une émotion profonde, en racontant l'histoire d'un homme qui découvre le sens de sa vie en luttant chaque jour contre la mort.

KALO POTHI, UN VILLAGE AU NEPAL

Népal. 2015. 91 min.

Drame de Min Bahadur Bham avec Khadka Raj Nepali, Sukra Raj Rokaya, Jit Bahadur Malla, Hansha Khadka, Benisha Hamal.

Appartenant à la caste des intouchables, le jeune Prakash et sa soeur aînée Bijuli vivent misérablement avec leur père dans un petit village du nord du Népal. Un jour, en cachette du paternel, la jeune fille achète une poule. Son objectif: gagner un peu d'argent en vendant les oeufs. Mais le projet tourne court, car Bijuli rejoint bientôt les forces maoïstes qui contestent l'autorité du roi. Et peu après, le père vend la poule à un vieil homme. Mécontent, Prakash cherche à récupérer le précieux gallinacé avec l'aide de Kiran, le petit-fils du chef du village, son meilleur ami bien qu'ils ne soient pas de la même caste. Pendant que les deux gamins tentent d'amasser la somme nécessaire pour racheter la poule, le pays s'enfonce progressivement dans la guerre civile.

Pour son premier long métrage, le Népalais Min Bahadur Bham convoque ses souvenirs d'enfance, invitant le spectateur à une plongée fascinante dans une culture ancestrale méconnue. La réalisation très soignée, au rythme volontairement lent, fait oublier le caractère naïf de l'intrigue anecdotique et le jeu inégal des comédiens amateurs.

PARTY DE SAUCISSES

États-Unis. 2016. 89 min.

Film d'animation de Conrad Vernon et Greg Tiernan.

Dans un supermarché, les aliments espèrent être achetés par les humains, à leurs yeux des dieux qui les amèneront dans un monde merveilleux, selon une vieille croyance. Pour la saucisse Frank, en amour avec le pain à hot-dog Brenda, la vie à l'extérieur du commerce sera synonyme de bonheur éternel. Mais ses certitudes sont ébranlées quand un pot de moutarde au miel, retourné au petit matin par un consommateur et de nouveau choisi par une cliente, se jette du haut du panier de celle-ci et s'écrase au sol, après avoir échoué à alerter les siens sur le sort terrible qui les attend chez les humains. Bouleversé par ce drame, Frank part consulter une bouteille de spiritueux amérindien. Laquelle confirme la version du pot de condiment: le mythe du monde merveilleux a été inventé par les anciens de la section non périssable, pour éviter à l'univers des aliments de sombrer dans le désespoir. Sans plus attendre, Frank révèle la cruelle vérité aux siens. Mais plusieurs, dont Brenda, refusent de le croire, se sentant heurtés dans leur foi.

Sur les traces de SOUTH PARK, les créateurs de THIS IS THE END ont conçu un film d'animation pour adultes qui, par le biais d'un humour irrévérencieux, parvient à susciter la réflexion sur des enjeux sérieux, ici théologiques et pacifistes. Feu roulant de gags imaginatifs et de situations corsées, l'ensemble épate, malgré une intrigue secondaire un peu faible.

PÈRE DE SANG

France. 2015. 88 min.

Thriller de Jean-François Richet avec Mel Gibson, Erin Moriarty, Diego Luna, William H. Macy, Michael Parks, Thomas Mann.

Quelque part dans le désert de la vallée de Coachella, en Californie, Link vivote en faisant des tatouages dans sa maison mobile. L'ex-détenu n'a pas touché à la bouteille depuis deux ans et habite juste à côté de son mentor et meilleur ami, Kirby. Pourtant, il reste hanté par la disparition de sa fille Lydia, évanouie dans la nature à l'âge de 14 ans. Alors qu'elle en a maintenant 17, celle-ci l'appelle. Paniquée, elle a besoin d'argent pour se cacher. Mais Link la convainc de partir la chercher afin de mieux la protéger si, de son côté, elle promet de ne plus se droguer. Une mission qui ne sera pas si facile que prévu, étant donné que Lydia est poursuivie par trois membres d'un puissant cartel mexicain qui cherchent vengeance après la mort de leur chef, qui était le petit ami de l'adolescente.

Série B assumée, BLOOD FATHER en reprend les meilleurs éléments: réalisation efficace, montage tendu, photo rugueuse, mais aussi les plus discutables: exaltation d'une virilité à l'ancienne, image d'une Amérique revancharde. Mel Gibson et Erin Moriarty partagent une belle chimie, mais c'est l'acteur australien, explosif et bourru, qui fait tout le spectacle.

PETER ET ELLIOTT LE DRAGON

États-Unis. 2016. 104 min.

Aventures de David Lowery avec Oakes Fegley, Bryce Dallas Howard, Robert Redford, Wes Bentley, Oona Laurence, Karl Urban.

Pete, cinq ans, perd ses parents dans un accident de la route. Six ans ont passé. Élevé en forêt par un dragon qu'il a baptisé Elliott, l'orphelin n'a aujourd'hui que peu de souvenirs de son passé. Au cours d'une ronde, la garde-forestière Grace découvre le gamin et décide de le ramener à la maison, où elle habite avec son fiancé Jack, propriétaire de la scierie locale, et Natalie, la fille de ce dernier. Alors que son hôtesse tente de savoir comment il a pu survivre si longtemps, Pete lui révèle l'existence d'Elliott. Grâce à un dessin du garçon, Grace reconnaît le dragon dont son père, sculpteur sur bois, raconte les aventures incroyables aux enfants depuis des années. Apprenant à son tour l'existence de la bête fantastique, Gavin, le frère de Jack, entreprend de la capturer, avec l'aide d'autres employés de la scierie. L'ignoble individu ignore toutefois qu'Elliott a le pouvoir de se rendre invisible. Avec la complicité de Grace, Natalie et Jack, Pete tente par tous les moyens de protéger son dragon et de l'emmener vers le nord, où vivent ses congénères.

En dehors de ses trucages réussis, on ne saurait dire que cette adaptation libre d'une comédie musicale de Disney soit réellement satisfaisante. Ce divertissement familial paraît en effet bien désuet avec sa réalisation conventionnelle, sa musique sirupeuse, son intrigue sans grands rebondissements et ses personnages manichéens, campés de manière souvent forcée.

ZOOM

Canada. 2015. 97 min.

Comédie fantaisiste de Pedro Morelli avec Alison Pill, Gael Garcia Bernal, Mariana Ximenes, Jason Priestley, Tyler Labine, Don McKellar.

Emma travaille avec son petit ami dans une usine de poupées gonflables haut de gamme. Complexée par la taille de ses seins, la jeune femme, bédéiste à ses heures, passe sous le bistouri d'un célèbre chirurgien esthétique. Déçue par le résultat, elle envisage une nouvelle opération. Mais où trouver l'argent? Autant d'angoisses qui nourrissent l'histoire qu'elle dessine, celle d'Edward, un jeune réalisateur latino établi à Hollywood, incapable de bien travailler depuis que son pénis a disparu. Après la pose d'une prothèse, celui-ci s'efforce de continuer son film sur Michelle, une top-modèle brésilienne devenue écrivaine, embarquée dans une course avec son ex alors qu'elle écrit l'histoire d'Emma, qu'elle imagine par ailleurs en possession de plusieurs sachets de cocaïne...

Au fil d'un récit mince, sur le culte du corps et les méandres de la création, les incessants changements de narrateurs lassent, autant que la mise en scène racoleuse. Si les interprètes restent attachants et que l'humour fait quelques fois mouche, ce film gigogne, aux séquences d'animation sans grand charme, demeure un fantasme d'ado qui s'écrase sous son propre poids.

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