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Moscou/Ankara: de la brouille à la réconciliation, après neuf mois de crise

La visite du président turc Recep Tayyip Erdogan mardi en Russie vient sceller la réconciliation entre Moscou et Ankara, après neuf mois de brouille, suite à la destruction en novembre par la Turquie d'un bombardier russe au-dessus de la frontière turco-syrienne.

Voici les six moments majeurs de cette crise:

Le 24 novembre 2015, la Turquie abat un bombardier Su-24 russe qui avait, selon elle, violé son espace aérien à la frontière avec la Syrie, provoquant la colère de la Russie qui dénonce "un coup de poignard dans le dos". Furieux, le président Vladimir Poutine accuse la Turquie d'avoir partie liée avec l'organisation Etat islamique et exige, sans succès, des excuses d'Ankara.

Au lendemain de l'incident, Vladimir Poutine recommande aux Russes -- très nombreux à y passer leurs vacances-- de ne plus se rendre en Turquie, en affirmant qu'ils pourraient s'y retrouver "en danger".

Trois jours après, la Russie annonce le rétablissement des visas pour les Turcs à partir du 1er janvier 2016, mettant fin au régime d'exemption en vigueur jusqu'alors entre les deux pays.

Moscou passe ensuite aux sanctions économiques: interdiction aux employeurs russes d'embaucher des travailleurs turcs, interdiction de l'importation de certaines marchandises turques et restrictions pour les "organisations sous juridiction turque" de leurs activités en Russie. Le transport aérien charter entre les deux pays est suspendu et les tour-opérateurs se voient interdits de proposer aux Russes des séjours en Turquie.

Ankara assure de son côté être prêt à "travailler" avec la Russie pour "apaiser les tensions".

Poutine refuse de rencontrer Erdogan en marge du sommet climatique à Paris le 30 novembre 2015, malgré l'insistance du président turc, et accuse la Turquie d'avoir abattu l'avion russe afin de protéger le trafic de pétrole de l'EI.

Les Russes vont jusqu'à accuser le président turc et son entourage d'acheter du pétrole à l'EI, des "calomnies" selon l'intéressé. La Turquie appelle la Russie au "calme", en prévenant que sa patience a "des limites".

Fin juin, le Kremlin annonce avoir reçu un message du président Erdogan dans lequel "il s'est excusé" pour le bombardier russe abattu. Ankara fait pour sa part état des "regrets" exprimés par le président turc et dit espérer une normalisation "rapide" avec la Russie.

Le 29 juin, Poutine et Erdogan se parlent au téléphone pour la première fois depuis le début de la crise. Dans la foulée, le président russe ordonne la levée des sanctions contre la Turquie dans le domaine touristique et la "normalisation" des relations commerciales entre les deux pays.

Le 17 juillet 2016, Vladimir Poutine a été l'un des premiers dirigeants étrangers à avoir appelé Recep Tayyip Erdogan après le putsch raté en Turquie, pour souhaiter un "retour rapide à la stabilité".

Fin juillet, le Kremlin annonce une rencontre entre les deux présidents le 9 août à Saint-Pétersbourg. Dans une interview à des médias publics russes, le président Erdogan explique se rendre en Russie pour une "nouvelle étape, un départ à zéro" dans les relations bilatérales.

mp/nm/at

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