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Le sénat brésilien débat de la destitution de Dilma Rousseff

Le Sénat brésilien a commencé à débattre en séance plénière, à Brasilia, du sort de la présidente Dilma Rousseff, accusée d'avoir voulu cacher l'ampleur du déficit pour faciliter sa réélection en 2014. C'est le président de la Cour suprême, Ricardo Lewandowski, qui dirige l'exercice.

Le vote qui aura lieu à la fin de ces débats est considéré comme une simple formalité, en ce sens qu'il mènerait probablement à la destitution. Le jugement final, ultime étape du processus d'éviction, devrait intervenir autour du 25 août, quelques jours après la fin des Jeux olympiques de Rio.

En avril, les députés avaient massivement appuyé la procédure de destitution, récoltant 25 voix de plus que les 342 requises - soit les deux tiers de la Chambre. Seulement 137 députés s'y étaient opposés.

La semaine dernière, la commission spéciale du Sénat sur la destitution de Dilma Rousseff s'était prononcée en faveur d'un procès devant la Chambre. Quatorze des 21 sénateurs de la commission avaient voté jeudi en faveur d'une telle mesure, et 5 s'y étaient opposés.

Ce mardi, c'est donc au tour de l'ensemble des 81 sénateurs de décider si la chef de l'État sera jugée ou non. Et si une majorité simple des sénateurs vote pour la poursuite de la procédure de destitution, la date du jugement sera fixée, et le Sénat se transformera en tribunal.

Ainsi, à la fin août, le sort de la femme de 68 ans sera définitivement scellé. Les deux tiers des voix seront nécessaires pour montrer la porte à la présidente et à l'administration du Parti travailliste, au pouvoir depuis 13 ans.

Mais l'issue ne fait pas de doute, y compris pour les partisans de la présidente qui semblent avoir déjà concédé la défaite.

Un « coup d'État institutionnel »

Si Mme Rousseff est destituée, c'est Michel Temer, son ancien vice-président devenu son rival, qui la remplacera jusqu'au terme de son mandat. Celui-ci assure déjà l'intérim depuis que la présidente a été suspendue de ses fonctions, le 12 mai.

Dilma Roussef a toujours nié avoir commis un « crime de responsabilité ». Toute l'affaire constitue « un coup d'État institutionnel » mis sur pied par M. Temer et les forces conservatrices du pays, soutient-elle. L'accusation repose surtout sur la signature de quelques décrets litigieux.

Fait à noter : quelque 60 % des 594 membres du Congrès sont accusés de corruption ou d'autres méfaits, au Brésil. La corruption y est un problème répandu, et la population fait souvent sentir son mécontentement.

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