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09/08/2016 08:22 EDT | Actualisé 09/08/2016 08:22 EDT

En Thaïlande, la junte veut garder un oeil sur les touristes via leurs cartes SIM

KENZO TRIBOUILLARD via Getty Images
Gemalto CEO Olivier Piou shows a cell phone sim card before a press conference on February 25, 2015 in Paris. European SIM maker Gemalto said it had suffered hacking attacks that may have been conducted by US and British intelligence agencies but denied any 'massive theft' of encryption keys that could be used to spy on conversations. AFP PHOTO KENZO TRIBOUILLARD (Photo credit should read KENZO TRIBOUILLARD/AFP/Getty Images)

La junte militaire au pouvoir en Thaïlande voudrait obliger les millions de touristes visitant chaque année le royaume à utiliser des cartes SIM spécifiques, afin de pouvoir traquer parmi eux de possibles criminels.

"Il ne s'agit pas de limiter les droits des touristes. Au contraire, il s'agit de les localiser, ce qui sera utile si certains touristes restent trop longtemps ou sont en fuite" et sont recherchés par la police, s'est justifié Takorn Tantasith, secrétaire général de la Commission de télécommunications, lors d'une conférence de presse mardi à Bangkok.

Il n'a pas précisé quelle technologie serait utilisée pour ce projet controversé.

Jusqu'ici, les touristes peuvent acheter des cartes SIM sans fournir leurs papiers d'identité. Et certaines compagnies aériennes offrent des cartes gratuites à leurs passagers, sans aucune forme d'enregistrement.

Ce ne serait pas la première fois que le régime militaire tente de contrôler plus étroitement les nombreux ressortissants étrangers qui séjournent dans le pays: un peu plus tôt cette année, une base de données recensant les étrangers installés en Thaïlande, avec des informations personnelles, avait fuité dans la presse locale, embarrassant les autorités.

En 2014, la junte avait annoncé un projet de bracelet d'identification pour les touristes, officiellement pour les protéger.

"S'ils sont saouls et qu'ils s'endorment sur la plage, nous pourrons les ramener à leur hôtel", avait alors fait valoir le chef de la police en charge des touristes, après le meurtre de deux touristes britanniques sur une plage.

Le projet avait été rapidement abandonné.

Mais l'immigration thaïlandaise a mis en place depuis quelques mois une politique baptisée en anglais "Bad guys out, good guys in" ("les sales types dehors, les bons dedans"). Les touristes qui restent au-delà de la durée autorisée se retrouvent interdits de séjour pour de longues périodes.

Officiellement, il s'agit de limiter entre autres le séjour de criminels en Thaïlande, plaque-tournante des trafics en tous genres, des faux documents à la drogue.

Le projet de cartes SIM imposées aux millions de touristes se rendant chaque année sur les plages de Thaïlande ne concernerait pas les étrangers vivant en Thaïlande: ceux-ci doivent déjà montrer patte blanche pour acheter une carte SIM, et fournir une copie de leur passeport.

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