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Coup d'État raté en Turquie : Poutine appuie Erdogan

Le président russe Vladimir Poutine a apporté son soutien à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, en visite à Saint-Pétersbourg, en disant souhaiter qu'il ramène l'ordre après la récente tentative de coup d'État. Au même moment, la Turquie lançait des avertissements à l'Union européenne et aux États-Unis.

M. Poutine, un des premiers dirigeants étrangers à avoir appelé Recep Tayyip Erdogan, a saisi l'occasion pour tourner la page des tensions nées de la destruction par la chasse turque d'un bombardier russe l'année dernière près de la frontière syrienne.

Le président russe a indiqué qu'il discuterait avec son homologue turc d'une coopération contre le terrorisme et d'un rétablissement de leurs relations commerciales et économiques.

Destruction d'un avion russe

Moscou avait imposé des sanctions économiques à Ankara après la destruction du bombardier russe en novembre dernier et le nombre de touristes russes en Turquie a chuté de 87 % dans la première moitié de 2016.

Le président Erdogan a estimé de son côté que les relations russo-turques entraient dans une « période très différente » et que la solidarité entre les deux pays aiderait à la résolution des problèmes régionaux, même si Ankara et Moscou continuent à s'opposer sur le sort du président syrien Bachar Al-Assad.

Sa rencontre avec Vladimir Poutine peut être interprétée comme un avertissement adressé aux Occidentaux, inquiets d'un rapprochement entre les deux pays au moment où les relations de la Turquie avec l'OTAN et l'Union européenne sont dégradées.

Mises en garde à l'UE et aux États-Unis

D'autre part, Ankara suspendra l'application de l'accord conclu avec l'Union européenne pour contrôler les flux de migrants si Bruxelles ne fournit pas un calendrier précis de libéralisation des visas pour les ressortissants turcs, a déclaré le ministre turc responsable des Affaires européennes.

En entrevue à la télévision, Omer Celik a aussi estimé qu'une modification de la législation antiterroriste turque, réclamée par l'Union européenne (UE) avant toute libéralisation de la politique de visa, mettrait en danger la sécurité européenne.

L'accord conclu entre Bruxelles et Ankara a permis de réduire fortement les arrivées de réfugiés et migrants en Europe, après le pic de 2015 qui avait vu plus de 1 million d'entre eux débarquer dans les îles grecques. Mais les autorités turques, qui jugent que l'UE n'a pas tenu ses promesses, ont multiplié ces dernières semaines les menaces de suspension de l'accord.

Le ministre de la Justice turc, Bekir Bozdag, a par ailleurs lancé un avertissement à Washington contre le risque que représenterait son refus d'extrader le « terroriste » Fethullah Gülen exilé aux États-Unis depuis 1999.

Il a ajouté que le sentiment antiaméricain a atteint un pic au sein de la population turque, à cause de ce différend et qu'« il appartient à la partie américaine d'empêcher que ce sentiment ne se transforme en haine ».

Le coup d'État raté, qu'Ankara accuse le prédicateur Fethullah Gülen d'avoir fomenté, a brouillé les relations turco-américaines.

Bilan des arrestations

Plus de 26 000 personnes ont été interpellées en Turquie à la suite du coup d'État manqué du 15 juillet, dont 16 000 ont été officiellement arrêtées et placées en détention provisoire, a également annoncé Bekir Bozdag.

Le ministre a ajouté que 6000 autres suspects étaient toujours en prison, mais qu'aucune charge n'avait encore été officiellement retenue contre eux.

Quelque 7700 autres sont en liberté, mais font l'objet d'une enquête pour leur implication présumée dans la tentative de putsch.

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