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08/08/2016 10:54 EDT | Actualisé 08/08/2016 10:54 EDT

La possibilité que Québec n'interdise pas les pitbulls choque la soeur d'une victime

La sœur de Christiane Vadnais, cette Montréalaise tuée le 8 juin par un chien soupçonné d'être un pitbull, ne décolère pas depuis qu'elle a appris qu'un comité mis sur pied par Québec ne recommanderait pas d'interdire cette race de chien.

Selon un rapport préliminaire obtenu par La Presse canadienne, le comité proposerait plutôt au ministre des Affaires municipales Martin Coiteux de déposer une loi permettant aux municipalités d'encadrer plus sévèrement des chiens jugés dangereux.

« Je suis triste et très en colère. Je n'en reviens pas », a commenté Lise Vadnais, dans une entrevue accordée à Gravel le matin. « Je me demande comment on en arrive là, à protéger les pitbulls à ce point-là. C'est quoi qu'il y a en-dessous de ça? »

«C'est comme si le décès de ma sœur était moins important que de protéger une race de chien.» - Lise Vadnais

Selon elle, les faits sont très clairs : même si tous les pitbulls n'attaquent pas les humains, ce type d'accident arrive suffisamment souvent pour qu'il convienne de les interdire au Québec, comme l'Ontario le fait depuis 2005.

« À partir du moment où il y en a quand même pas mal qui attaquent, on peut décider comme société de dire : "il y a tellement d'autres chiens qui sont intéressants, pourquoi on ne choisirait pas d'autres chiens que des pitbulls?". »

« Moi, je ne trouve pas ça compliqué, je ne trouve pas que c'est grave de dire : on ne privilégiera pas cette race de chien-là, on va en prendre d'autres. Faut arrêter de dire : il n'y a pas juste les pitbulls qui mordent. Les pitbulls mordent énormément. »

«On est extrêmement bien documenté par des faits qui arrivent constamment par rapport aux pitbulls, et c'est comme si on était trop craintifs de nommer cette race de chien qui, on le sait, a des gènes pour attaquer.» - Lise Vadnais

« On dit que c'est la faute du maître du chien, ce qui n'est pas toujours vrai malheureusement », ajoute-t-elle. « Le chien peut être en laisse, le propriétaire en perd complètement le contrôle quand le chien décide d'attaquer. Ça a été prouvé à plusieurs reprises. »

Lise Vadnais assure qu'elle continuera à se battre pour que Québec prenne les choses en main et agisse de manière à interdire les pitbulls au Québec. Le premier ministre Philippe Couillard, rappelle-t-elle, avait déclaré que son gouvernement suivrait « probablement » l'exemple de l'Ontario.

D'autres ministres du gouvernement avaient également plaidé en faveur d'interdire les pitbulls.

À l'heure actuelle, « il ne se passe absolument rien et je veux qu'on détecte qui protège les pitbulls à ce point-là », déplore-t-elle. « Je ne peux pas comprendre, et j'espère que la population va réagir à ça. »

«On a tous des enfants et des êtres chers autour de nous qu'on aime. Ma sœur, ce n'était pas une enfant, mais c'était quand même une personne qui était aimée et qui ne méritait certainement pas ce qui lui est arrivé.» - Lise Vadnais

Mme Vadnais souhaite non seulement que Québec interdise la possession de pitbulls à l'avenir, mais aussi que les propriétaires actuels de chiens de cette race soient contraints de les faire stériliser et de les munir d'une muselière lorsqu'ils quittent la maison.

Le groupe de travail formé par le ministre Coiteux doit remettre son rapport final et ses recommandations au ministre d'ici le 31 août.

Il est constitué de fonctionnaires de la Sécurité publique, des Affaires municipales et de l'Agriculture, de membres de l'Ordre des médecins vétérinaires et de représentants de la Fédération québécoise des municipalités et de l'Union des municipalités du Québec.

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