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JO-2016 - L'objet du jour: le GPS, indispensable balise des septistes

Quelle est cette curieuse bosse dans le dos des joueurs de rugby à VII ? Une balise GPS, devenue au fil des années un outil aussi perfectionné qu'indispensable pour la mesure et le suivi des charges de travail.

Crampons, chaussettes, short, maillot et., petit boîtier noir. Depuis cinq ans, le GPS fait partie intégrante de la panoplie du "septiste" et cette saison, l'équipe de France, comme les nations majeures, en fait même une utilisation systématique avec l'arrivée à plein temps d'un analyste chargé de décrypter la somme des données collectées.

"Je ne me verrais plus fonctionner sans GPS", témoigne Julien Robineau, préparateur physique des Bleus, qui installe avant chaque séance d'entraînement une petite antenne et un ordinateur sur le bord du terrain, afin de surveiller les déplacements des joueurs en temps réel.

Ces balises "SensorEveryWhere", développées par la société française Digital Simulation en partenariat avec la Fédération française de rugby, ont été introduites chez les Bleus fin 2011, après avoir été d'abord utilisées par les joueurs de foot australien (Australian Rules). Et elles ont d'abord permis de dessiner le profil du septiste.

"Quelle distance parcourt-il en sprintant, quelle vitesse moyenne, combien de sprints courts, longs... Et ça a une incidence sur la préparation physique du joueur", explique Julien Robineau.

Au quotidien, le GPS permet de suivre les charges de travail individuel, en s'appuyant sur des seuils spécifiques à chaque joueur, déterminés par des tests physiques en début de saison.

D'un point de vue collectif, les séances d'entraînement sont désormais élaborées non plus en volume horaire, mais en distance parcourue. Le long de la ligne de touche, Julien Robineau peut signifier à tout moment à l'entraîneur Frédéric Pomarel que les 3, 6 voire 8 kilomètres du jour ont été atteints.

"Une semaine moyenne, c'est 20 kilomètres pour chaque joueur, précise Robineau. Une grosse semaine, c'est 30 km. 15% de ces 30 km sont faits à haute intensité, au-dessus de 15 km/h. C'est 300 à 350 efforts plutôt intenses, c'est-à-dire sprintés. C'est 200 m à la vitesse max..."

Mais attention aux interprétations abusives: "Ce n'est pas parce que tu cours plus que c'est bien. Ca peut aussi traduire un manque de repères sur le terrain, des courses pas forcément précises".

De même, le GPS ne prend pas en compte la dimension mentale, qui permet aux joueurs de se dépasser sans ressentir la fatigue dans certaines circonstances.

C'est pour cela que les balises sont utilisées de manière marginale en compétition, où la décision d'utiliser tel ou tel joueur se fait surtout "selon la perception du coach", dixit Robineau.

Les GPS, qui coûtent entre 60.000 et 80.000 euros à l'achat pour un "pack" complet incluant logiciel, ordinateur, antenne et une vingtaine de balises, sont évidemment du voyage à Rio. Au moins 20 boîtiers ont été empaquetés pour les 14 joueurs français.

jmt/ol/sk/jcp

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