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JO-2016 - Foot: Et Marta évinça Neymar dans les coeurs brésiliens

Marta, au sein d'une équipe féminine du Brésil flamboyante, brille aux JO-2016 au point d'y éclipser Neymar, qui reste sur deux 0-0 et des huées: il se passe quelque chose dans le pays du "futebol".

"Marta, Marta!" Le public de Brasilia a scandé le nom de la quintuple meilleure joueuse du monde (2006-2010) pendant que les garçons de Rogerio Micale se dirigeaient tout droit vers leur second nul vierge, dimanche face à l'Irak, après leur entrée en lice du même acabit contre l'Afrique du Sud.

Et jeudi face au Danemark, ils devront l'emporter pour être sûrs de passer en quarts de finale.

Neymar, défait en finale des JO-2012, avait renoncé à la Copa America du Centenaire de juin afin, justement, de mener la campagne olympique, en quête d'une médaille d'or inédite.

Mais le marasme du foot masculin s'éternise, enclenché avec l'humiliation du 7-1 en demi-finale du Mondial-2014 à domicile, suivi par deux désillusions en Copa America, et assorti d'un parcours cahoteux en vue du Mondial-2018 (6e de la poule sud-américaine, soit en dehors des places qualificatives).

S'il n'a pas démérité lors des deux 0-0, le Ballon de bronze 2015 n'a pas non plus fait la différence.

"Pour nous, le nul est une défaite", avait-il lâché après le premier match. Dimanche soir, le capitaine brésilien a refusé de s'exprimer et, dépité, s'est engouffré dans le bus tête basse et écouteurs vissés aux oreilles.

L'image contrastait avec les centaines de jeunes filles qui attendaient à l'extérieur du stade olympique Engenhao de Rio samedi, à l'issue de Brésil-Suède dames, en criant le nom de leur idole: Marta.

Pendant le match, le public avait même chanté: "Marta est meilleure que Neymar!"

Celle-ci rayonne avec déjà deux buts et deux passes décisives lors des cartons contre la Chine (3-0) et la Suède (5-1).

La presse brésilienne et les réseaux sociaux enfonçaient le clou de la comparaison -témoin ce montage où Marta au tableau donne une "leçon de foot" à une classe composée de clones Neymar.

"Marta ne profite jamais du fait que ce soit elle qui récolte les honneurs, a souligné son sélectionneur Vadao. Elle se met toujours au même niveau que les autres joueuses. C'est ça qui la rend si particulière, c'est parce qu'elle n'essaie jamais d'être au-dessus des autres."

Bref, une fraîcheur et une humilité qui tranchent avec le style bling-bling et la communication calibrée de Neymar.

La "martamania" et le "Neymar-bashing" dureront-elles? Si le Barcelonais joue les sauveurs jeudi à Salvador, il redeviendra sans doute l'enfant chéri du foot brésilien.

La "reine" Marta ne serait donc qu'un pis-aller?

"Elle n'aime pas le parallèle (avec Neymar) et ce n'est pas par arrogance, parce qu'elle se croirait meilleure", a écrit Juca Kfouri, journaliste respecté, dans le quotidien Folha. "Elle n'aime pas parce qu'elle a atteint un niveau qui dispense des confrontations de genre. Peut-être que si c'était avec Pelé..."

Elle a, justement, déjà déclaré qu'elle était fière d'être surnommée "Pelé en jupons".

"Je trouve ça dommage qu'il y ait besoin de choses négatives chez les garçons pour faire bouger les choses dans le foot féminin", pointe pour sa part Elodie Thomis auprès de l'AFP.

"Je préférerais qu'on scande +Marta! Marta!+ quand ça va mieux. Mais ils ont de l'orgueil et pour eux, ça n'a pas dû être flatteur", ajoute l'attaquante française.

ybl-kca/sk

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