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Berlin favorable aux poursuites contre les putschistes, mais dans le respect du droit international

L'Allemagne est favorable à des poursuites devant la justice des auteurs du coup d'Etat manqué du 15 juillet en Turquie mais dans le respect du droit international, a affirmé lundi à Ankara son secrétaire d'État aux Affaires étrangères Markus Ederer.

"Nous soutenons le fait que les putschistes soient punis dans le cadre de l'état de droit", a déclaré aux journalistes M. Ederer, premier responsable allemand de ce rang à se rendre en Turquie après le coup d'état raté.

"Si ce coup d'Etat avait réussi cela aurait été une catastrophe pour la Turquie, l'Allemagne et la région", a-t-il par ailleurs ajouté.

Après une visite au parlement turc bombardé par des avions de chasse lors de la nuit du putsch, M. Ederer a souligné l'importance de mener les investigations contre les suspects en conformité avec les normes européennes du droit.

"Il est primordial que ces enquêtes soient conduites conformément aux critères de l'Union européenne, du Conseil de l'Europe et de l'OSCE", a indiqué le diplomate par le biais d'un traducteur.

Le responsable allemand s'est félicité d'avoir eu "la confirmation" des autorités turques qu'il a rencontrées que ces normes seraient bien respectées.

La Turquie a lancé une purge massive dans la foulée du putsch. Plus de 10.000 personnes font l'objet de poursuites et sont en détention préventive, dont des journalistes.

Plus de 50.000 Turcs ont été limogés, accusés d'être des sympathisants de l'ex-imam Fethullah Gülen, exilé depuis 1999 aux Etats-Unis et que le régime turc accuse d'être l'instigateur du putsch avorté.

La purge a suscité les critiques de Washington, des capitales européennes et de nombreuses organisations de défense des droits de l'Homme et de la presse, qui l'ont perçue comme disproportionnée.

Ces tensions surviennent à un moment où les relations entre Berlin et Ankara se sont détériorées en raison d'une succession de différends - le dernier en date étant le vote par les députés allemands en juin d'une résolution qualifiant de "génocide" le massacre des Arméniens sous l'empire Ottoman.

La Turquie a été particulièrement mécontente d'une interdiction faite au président turc Recep Tayyip Erdogan de s'exprimer par vidéo le 1er août lors d'une manifestation de Turcs à Cologne, dans l'ouest de l'Allemagne.

BA/pt/phv

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