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07/08/2016 08:16 EDT | Actualisé 08/08/2017 01:12 EDT

Transfert - Angleterre: Pogba, déjà dans l'histoire, en attendant la "légende"

Il a fait voeu de devenir "une légende": Paul Pogba est déjà le footballeur le plus cher de l'histoire en rejoignant Manchester United contre 120 millions d'euros selon la presse, preuve des si lourdes attentes qui pèsent sur ses épaules de joueur de 23 ans.

A défaut d'être encore "meilleur que Pelé ou Maradona", comme il disait vouloir l'être dans une interview au quotidien italien La Repubblica avant l'Euro-2016, il est en tout cas devenu plus cher que ces légendes du foot.

Avec une indemnité de transfert estimée à 120 millions d'euros par la presse, le Français a mis la barre très, très haut par rapport au précédent record de prix pour un transfert de joueur, les 101 millions d'euros versés par le Real Madrid à Tottenham pour recruter le Gallois Gareth Bale.

- Atout marketing -

Avec ses coupes de cheveux fantasques, sa belle gueule, son goût pour la "sape", sa maîtrise de la communication, sa popularité chez les plus jeunes, le natif de Seine-et-Marne est un formidable "asset", comme disent les représentants de l'équipementier Adidas dont il a rejoint l'écurie en mars.

Son image, son aura seront un incomparable atout marketing pour son nouveau club, Manchester United. Le prix de son indemnité de transfert permet déjà au club anglais de marquer des points prestige dans la course honorifique au titre de plus grand club du monde.

Mais même dans un football professionnel où, dans le sillon des deux icônes Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, on starifie de plus en plus une poignée de joueurs sans tenir compte de l'aspect collectif du sport, l'image seule de "la Pioche" ne suffit pas à justifier une telle indemnité.

Bien sûr, l'ancien Havrais s'est fait tancer pendant l'Euro-2016, trop à la recherche du joli geste, pas aussi décisif que son statut de déjà cadre des Bleus (38 sélections, 6 buts) exigeait de lui. Trop fébrile aussi, comme en a témoigné la polémique autour d'un vrai-faux bras d'honneur - une "sarabande", assurera-t-il ensuite -, lors du match de poule contre l'Albanie.

C'est que sa volonté d'afficher des objectifs incroyablement ambitieux, remporter le Ballon d'Or, la Coupe du Monde, l'Euro, "devenir le meilleur milieu de l'histoire", "devenir parfait"..., a généré des attentes très élevées, faisant parfois oublier qu'il n'a encore que 23 ans. Ce qu'il a d'ailleurs rappelé lors de la cérémonie du dernier Ballon d'Or, où il faisait partie de l'équipe type, en arrivant en veste noir et or... au bras de sa maman.

- Marge de progression -

Et malgré ses incroyables qualités techniques, son volume athlétique, son intelligence de placement ou d'orientation du jeu, qui en feraient déjà un titulaire indiscutable dans la quasi-totalité des équipes de foot du monde, il peut encore progresser. Antonio Conte puis Massimiliano Allegri ne cessaient de le lui rappeler à la Juventus Turin, tout comme son sélectionneur Didier Deschamps, qui s'est parfois agacé de sa tendance à ne pas "jouer simple".

A Manchester United, club qui ne lui avait pas fait confiance en 2012 et l'avait laissé filer libre à la Juve, il sera sans aucun doute un cadre de l'effectif de José Mourinho, redoutable tacticien et meneur d'homme, mais pas franchement réputé pour faire progresser ses jeunes éléments.

A charge pour Pogba d'assumer ce statut de "joueur le plus cher du monde" qui a semblé peser parfois sur les épaules de Gareth Bale, de résister à la pression du championnat le plus suivi du monde, de ne pas craquer sous le poids des attentes le concernant.

Pas facile, mais indispensable pour ne pas rester "dans la légende" que comme un joueur à la formidable puissance marketing, mais aussi comme ce qu'il semble en mesure de devenir: une des références de son sport.

cda/cto/ah

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