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07/08/2016 08:22 EDT | Actualisé 08/08/2017 01:12 EDT

Tchad: nouvelle manifestation dispersée à la veille de l'investiture de Deby

Une nouvelle manifestation de l'opposition tchadienne a été dispersée dimanche à N'Djamena, à la veille de la cérémonie d'investiture du président Idriss Deby Itno, réélu en avril pour un cinquième mandat, a-t-on appris de sources concordantes.

Comme la veille, où un meeting avait été dispersé par la police anti-émeute, l'opposition avait décidé de maintenir sa "marche pacifique" pour contester la réélection du chef de l'Etat, malgré l'interdiction décrétée par le pouvoir.

Les manifestants devaient emprunter quatre itinéraires différents, pour converger vers le Palais du 15 janvier (ex-Assemblée nationale), a précisé à l'AFP le chef de file de l'opposition, Saleh Kebzabo.

L'appel lancé par le Front de l'opposition nouvelle pour l'alternance et le changement (Fonac), récemment constitué, n'a toutefois pas eu le succès escompté, a-t-il par ailleurs reconnu.

Un important dispositif de forces de l'ordre quadrillait la capitale, notamment les lieux de rendez-vous des contestataires, mais seul le Carrefour Dendé a finalement rassemblé une centaine de jeunes en début d'après-midi, a constaté un journaliste de l'AFP.

Quelques minutes après le départ des manifestants, la police anti-émeute est intervenue pour les disperser avec des grenades lacrymogènes, sonnant la fin de la mobilisation.

Selon une source policière contactée par l'AFP, quatre jeunes hommes ont été brièvement interpellés avant d'être relâchés quelques heures plus tard.

Pour justifier son interdiction, le ministre de l'Intérieur Ahmat Mahamat Bachir avait affirmé jeudi à l'AFP que la marche était "de nature à perturber l'ordre public, déstabiliser la population et intoxiquer l'opinion publique".

L'opposition a par ailleurs prévu une journée "ville morte sur l'ensemble du territoire" lundi, jour de la cérémonie d'investiture de M. Deby.

La cérémonie doit se dérouler dans un grand hôtel de N'Djamena en présence d'une dizaine de chefs d'Etats africains et d'autres invités comme le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

M. Deby, arrivé au pouvoir par la force en 1990, a été réélu en avril dès le premier tour avec près de 60% des voix, loin devant son premier poursuivant, Saleh Kebzabo (12,77%).

M. Kebzabo et d'autres candidats malheureux contestent depuis cette réélection qu'ils qualifient de "hold-up électoral".

L'opposition a demandé à la communauté internationale de reconnaître "la nature dictatoriale" du régime d'Idriss Deby.

yas-cl/de