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07/08/2016 04:20 EDT | Actualisé 07/08/2016 04:21 EDT

Les Turcs combattront ceux qui voudront affaiblir le gouvernement, dit Erdogan

La Turquie continuera de se battre contre ceux qui tentent d'affaiblir le gouvernement, a promis dimanche le président Recep Tayyip Erdogan alors qu'il s'adressait aux manifestants réunis à Istanbul dans la foulée de la tentative de coup d'État du 15 juillet.

Les marcheurs, brandissant le drapeau rouge et blanc de la Turquie, ont convergé vers le bord de la mer de Marmara, près du port de Yenikapi. Il n'y avait pas d'évaluation officielle de la foule, mais selon les médias turcs, des millions de personnes ont participé à la manifestation. Les gens étaient si nombreux que certaines personnes ont été refusées à l'entrée des barrières érigées dans les rues environnantes.

Près de 15 000 policiers avaient été déployés pour assurer la sécurité sur les lieux. Des milliers d'autobus et plus de 200 bateaux avaient été nolisés pour reconduire des gens au rassemblement, qui ont dû passer à travers l'un des 165 détecteurs de métal installés sur le site.

Le président Erdogan a déclaré devant la foule que les Turcs devaient bien identifier qui sont les responsables de cette "trahison", mais aussi les "pouvoirs derrière eux et les motifs qui les ont fait passer à l'action".

Le rassemblement était un événement multipartite afin de représenter l'unité du peuple turc contre la tentative du coup d'État.

Le 15 juillet dernier, des militaires renégats ont tenté de prendre le pouvoir avec des chars d'assaut, des hélicoptères et des avions de chasse, ce qui a coûté la vie à plus de 270 personnes.

Les dirigeants religieux et deux des trois partis d'opposition en Turquie ont participé à la marche et ils se sont même assis à côté du président Erdogan, qui est arrivé à bord d'un hélicoptère avec sa femme, Emine. Le parti prokurde, le Parti démocratique des peuples, n'avait pas été invité.

"Le 15 juillet a ouvert la porte à notre réconciliation. Il y a maintenant une nouvelle Turquie après le 15 juillet", a affirmé le chef du Parti républicain du peuple, Kemal Kilicdaroglu.

Près de 18 000 personnes ont été arrêtées ou détenues dans la foulée de la tentative du coup d'État. Le gouvernement a ciblé les sympathisants de Fethullah Gülen, un imam exilé aux États-Unis soupçonné d'avoir orchestré le putsch.

Des dizaines de milliers d'autres personnes ont été suspendues ou congédiées dans les milieux judiciaire, médiatique et scolaire, notamment.

"Le 15 juillet a montré à nos amis que ce pays n'est pas seulement fort contre les attaques politiques, économiques et diplomatiques, mais aussi contre le sabotage militaire. Cela démontre que le pays ne tombera pas, qu'il ne sera pas anéanti", a dit le président.

Les mesures de répression ont suscité les inquiétudes des pays européens et des groupes de droits de la personne. M. Erdogan a rejeté les critiques et il s'est plaint de ne pas bénéficier de l'appui de l'Ouest.

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