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07/08/2016 12:58 EDT | Actualisé 08/08/2017 01:12 EDT

Le Canada a une occasion à saisir pour la paix au Sri-Lanka

OTTAWA — Le message de tolérance au coeur de l'ordre du jour international du gouvernement Trudeau est mis à l'épreuve dans l'un des pays les plus meurtris sur le plan des relations interculturelles, le Sri Lanka.

Le niveau de réussite du réengagement du Canada au Sri Lanka, confirmé le mois dernier lors d'une visite du ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, aura des impacts politiques au pays pour le gouvernement libéral dans les prochaines années.

La raison en est que le Canada est le pays d'adoption de centaines de milliers de Tamouls, du groupe minoritaire sri-lankais ayant lutté contre le gouvernement à majorité cingalaise durant une guerre civile de 26 ans s'étant terminée par une dernière vague sanglante en mai 2009.

Dans la foulée de la fin de la guerre civile, le précédent gouvernement conservateur du Canada avait diminué les relations du pays avec le gouvernement du Sri Lanka alors que les Tamouls faisaient toujours face à la persécution. Le gouvernement sri-lankais refusait de lancer une enquête indépendante sur les allégations de crimes de guerre par son armée et par des rebelles tamouls en 2009 malgré des pressions à l'échelle internationale.

Les étoiles se sont réalignées l'an dernier avec l'élection d'un gouvernement sri-lankais plus conciliant et l'arrivée au pouvoir des libéraux au Canada. Les changements dans le portrait politique ont alimenté les espoirs parmi les Canadiens d'origine sri-lankaise, y compris au sein de la vaste communauté tamoule établie principalement à Toronto.

Les Tamouls au Canada n'ont généralement rien contre la reprise du dialogue entre les gouvernements du Canada et du Sri-Lanka, pourvu que les libéraux continuent de faire pression sur les droits des minorités.

«C'est un pas dans la bonne direction. Mais nous souhaitons que davantage soit accompli, a dit David Poopalapillai, du Congrès tamoul canadien. Le Canada est dans une position unique, étant donné qu'il compte la plus importante diaspora de Tamouls du Sri Lanka.»

Le Canada cherche à obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies, et a désormais l'occasion de montrer qu'il peut aider à bâtir une paix permanente au Sri Lanka, a souligné M. Poopalapillai. «(Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion) peut être Lester Pearson dans les mois et les années à venir», a-t-il ajouté, en autant qu'il puisse s'assurer de «faire bouger les choses rapidement».

Lors d'une visite au pays, M. Dion a exhorté le gouvernement sri-lankais à saisir l'occasion d'une véritable réconciliation, en plus de renforcer les institutions gouvernementales et l'économie. Le ministre a annoncé une aide de 11,2 millions $ sur cinq ans pour aider le gouvernement sri-lankais à fournir des services gouvernementaux dans les langues tamoule et cingalaise.