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07/08/2016 07:50 EDT | Actualisé 08/08/2017 01:12 EDT

JO-2016 - Les Jeux vus d'ailleurs: A Moscou, des Jeux "non olympiques" en soutien à la sélection à Rio

A plus de 11.000 kilomètres de Rio, des dizaines de Russes s'adonnaient dimanche à la course à pied dans le cadre des Jeux "non olympiques" organisés à Moscou en soutien à la sélection russe qui a failli être exclue des JO-2016, suite à un scandale de dopage.

Éclaboussée ces dernières semaines par le scandale ayant mis en lumière un système de dopage d'Etat dans son pays, la délégation russe à Rio, qui devait initialement comprendre 387 sportifs, s'est notablement réduite pour compter finalement quelques 277 sportifs.

Organisés dans un parc populaire de Moscou, les Jeux "non olympiques" prévoyant des courses de 100 à 400 mètres ont eux été déclarés ouverts à tous, tous ceux qui veulent "soutenir l'équipe russe à Rio".

Malgré l'incertitude jusqu'au dernier moment sur leur participation aux JO, les Russes "vont continuer de remporter des médailles pour que l'hymne russe se fasse entendre et le drapeau russe soit hissé au-dessus du stade olympique", a assuré à l'AFP Anastasia Kapachinskaya, médaillée d'argent du relais 4x400 m aux J0-2008 de Pékin, qui participait aux Jeux "non olympiques" aux côtés de la multiple championne du monde sur 400m et 4x400m Natalia Nazarova.

Comme elles, Andreï Jouravliov, 30 ans, est venu courir et exprimer son soutien aux sportifs russes.

"Les supporteurs vont les soutenir quoi qu'il arrive, a-t-il affirmé à l'AFP. Mais nous ne pouvons pas attendre beaucoup de nos sportifs: l'état d'esprit était négatif dès le début, c'était démoralisant".

La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a exclu en juin l'ensemble des 68 athlètes russes figurant sur la liste de la sélection nationale, en raison d'un scandale de dopage, avant d'en repêcher une seule le 10 juillet, la sauteuse en longueur Darya Klishina, qui s'entraîne aux Etats-Unis.

Et beaucoup d'autres sportifs russes sont restés en attente d'une décision des instances sportives jusqu'au tout début des JO, comme le double champion du monde russe de lutte libre Viktor Lebedev qui n'a eu que samedi, au lendemain de la cérémonie d'ouverture, son autorisation de participer à la compétition à Rio.

- 'Viol moral' -

Même si le Comité international olympique (CIO) a décidé de ne pas exclure la Russie dans son ensemble des Jeux de Rio, il a fixé des critères précis à l'admission des sportifs russes après la publication du rapport McLaren le 18 juillet faisant état d'un dopage "d'Etat" en Russie.

Pour qu'un sportif russe soit autorisé à participer aux Jeux, le CIO avait ainsi posé en juillet trois conditions: ne jamais avoir été sanctionné pour dopage, quand bien même la peine aurait été purgée; ne jamais avoir été cité dans le rapport McLaren qui a révélé l'étendue du système de dopage d'Etat depuis 2011 dans 30 sports, dont 20 des 28 disciplines olympiques présentes à Rio; et pouvoir présenter des tests antidopage négatifs et crédibles.

La nageuse Natalia Lovtsova, interdite puis réintégrée à la sélection russe au dernier moment, a comparé les tensions autour de sa participation à un "viol moral".

"C'était extrêmement dur. Au lieu de me préparer à la compétition, je dépensais mon énergie pour me calmer, pour calmer mes proches", a-t-elle déclaré à la chaîne de télévision russe Match-TV, après avoir fini dernière de sa série du 100 m papillon samedi.

Selon l'agence de presse R-Sport, la Russie compte cependant sur 68 médailles, dont 18 en or, même si ces attentes sont inférieures à celles des JO de Londres en 2012 lorsque 436 sportifs russes avaient remporté 82 médailles dont 24 d'or.

Le Russe Beslan Mudranov a décroché samedi en judo (-60kg) un premier titre pour la Russie à Rio.

"Remporter une médaille d'or le premier jour des JO, c'est formidable! C'est une victoire brillante (...) qui va donner le ton à tous les Jeux Olympiques" pour la sélection russe, s'est félicité le président du Comité olympique russe, Alexandre Joukov, dans un communiqué.

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