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06/08/2016 23:14 EDT | Actualisé 07/08/2017 01:12 EDT

JO-2016 - L'objet du jour: la lime et la perceuse du tir

Limes, fraises, perceuse, marteau: l'armurier de l'équipe de France de tir -tout comme ses collègues d'autres nations engagées- est allé à Rio avec sa caisse à outils, 40 kg de matériel indispensables pour la réussite des sportifs face aux cibles.

"Je suis +le médecin des armes+", sourit Patrick Biebuyck, armurier des tireurs tricolores depuis 2000.

Médecin donc, de la catégorie des généralistes, capable de s'occuper du pistolet de Céline Goberville, médaillée d'argent à Londres, du fusil de chasse d'Anthony Terras, spécialiste du trap, ou des carabines de Valérian Sauveplane.

Car chaque tireur a, au moins, deux armes avec lui: son arme de prédilection, celle qu'il a le mieux en main, pour la compétition, et un "mulet", une arme de rechange, en cas de casse mécanique.

Sur l'arme, le travail peut prendre quelques minutes: poncer le bois de la crosse d'un pistolet ou d'une carabine par exemple, avec de la toile émeri, ou une mini-perceuse. "Avec l'humidité, le bois peut travailler, et le moindre gonflement peut modifier la prise en main du tireur", explique M. Biebuyck, lui-même ancien pistolier de haut niveau.

- Un quart d'heure chrono -

Mais parfois le travail devient de la véritable chirurgie. Quand la balle s'éjecte mal, il faut refaire le +chambrage+ de l'arme, en recoupant légèrement le canon, puis en travaillant la chambre avec des fraises de chambre, comme celle d'un dentiste. "Et là, ça peut être huit heures de boulot..."

Travail sur l'arme donc, mais aussi sur les munitions, pour vérifier si les balles ou les cartouches fournies par les fabricants n'ont pas de défaut: "Nous faisons ce que nous appelons des tests de groupement, en coinçant l'arme dans un étau, et en vérifiant sur une dizaine de balles d'un même lot si elles sont toutes parfaitement centrées sur la cible. Et parfois, il y a des lots entiers à jeter !"

Mais le plus difficile pour l'armurier, ce sont les interventions en pleine compétition, quand une arme s'enraye.

"Le règlement nous donne un quart d'heure pour intervenir. Et essayer de réparer. Sinon, le tireur doit prendre son +mulet+, explique Patrick Biebuyck. Et tout en travaillant sur l'arme, il faut déstresser le tireur, lui parler..."

Ou quand le médecin devient alors psychologue.

ol/sk/ps