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07/08/2016 13:40 EDT | Actualisé 08/08/2017 01:12 EDT

JO-2016/Concours complet/cross: ode à la complicité et au courage

Requiem pour le cross, comme l'annoncent les plus pessimistes à l'horizon 2020 ? L'épreuve du concours complet des Jeux de Rio propose lundi, par ses vallonnements et changements de direction, une ode à la complicité et au courage du couple cavalier-cheval.

Si le président de la Fédération équestre internationale (FEI), le Belge Ingmar de Vos, se veut optimiste, le triathlon équestre, olympique depuis les Jeux de Stockholm en 1912, est en effet menacé de s'effacer à Tokyo au profit de disciplines plus tendance et commerciales.

Or, c'est le dernier espace de liberté et de risques assumés du programme olympique, un tableau vivant où l'athlète à quatre jambes galope en liberté dans un grand espace.

Le Britannique William Fox-Pitt, échalas (1,96 m) au port de tête princier, leader à l'issue du dressage sur l'étalon Chilli Morning, approuve cette définition.

Il l'a d'ailleurs éprouvée au plus profond de son corps après une grave chute au Mondial des jeunes chevaux du Lion d'Angers, en octobre dernier. Le traumatisme était sévère au niveau des vertèbres, avec des troubles sensoriels lourds.

"Ici, c'est inconstestablement le cross olympique le plus gros que j'ai vu de ma vie. Non, je n'ai pas de crainte. J'ai appris énormément sur moi physiquement et mentalement. Je pense que cette chute m'a rendu plus fort", explique le Londonien de naissance, déjà trois fois sur le podium olympique par équipes.

De fait, l'accident, que le Comité international olympique (CIO) fuit comme la peste, est consubstantiel du cross.

- La seule passion comme moteur -

"C'est un dépassement de soi", remarque le Français Thibaut Vallette, double médaillé de bronze (individuel/équipe) aux Championnats d'Europe 2015. En cela, le cross se rapproche de l'alpinisme, avec la notion de cordée et de confiance.

La confiance que le cheval doit avoir envers son cavalier pour sauter en aveugle un "panoramique", et vice-versa. Et qui transpire dans les gestes d'affection et de félicitations que le cavalier prodigue à sa monture.

Cette notion du danger rapproche les cavaliers de complet des conquérants de l'inutile, avec une humilité qui force l'admiration. "En complet, on gagne chichement sa vie. C'est la passion des cavaliers, des propriétaires, qui est le moteur", souligne un chef d'équipe à Deodoro.

Quand le stress, voire la peur, prend le dessus, il faut arrêter. L'ancien international tricolore Eric Vigeanel a ainsi mis un terme à sa carrière à 42 ans.

Le jour du cross, la tension monte inévitablement. Les silences se font lourds au départ des couples, comme dans les écuries. La retenue se mêle à l'excitation.

"Pour les nations plus modestes, ce cross sera forcément compliqué, mais il y a des options sur toutes les difficultés, ce qui permettra à tous les cavaliers de boucler leur parcours en toute sécurité. C'est évidemment l'essentiel pour notre discipline et ce qu'elle montrera aux JO", ajoute le lieutenant-colonel Vallette, du Cadre Noir.

Une tenue qui rappelle l'origine militaire de la discipline. Quand il fallait jauger les qualités physiques et mentales des chevaux de l'armée.

asc/dla/sk