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07/08/2016 01:33 EDT | Actualisé 08/08/2017 01:12 EDT

Italie/migrants: un policier meurt d'un infarctus lors d'échauffourées

Un policier italien a succombé samedi à un infarctus à Vintimille (nord-ouest), en marge d'échauffourées avec des militants "No Borders" et des migrants dans cette ville frontalière de la France où la tension reste vive.

Selon les médias italiens, le policier quinquagénaire a été saisi d'un malaise alors qu'il était en service à Vintimille, point de rendez-vous sur la côte pour de nombreux migrants souvent fraîchement débarqués en Italie et cherchant à gagner la France.

Vendredi soir, encadrés par des militants "No Borders" - qui prônent l'abolition des frontières -, 140 migrants avaient quitté une structure d'accueil de la Croix-Rouge et réussi à passer de force en France. Interceptés par les autorités françaises, ils ont été renvoyés vers l'Italie où, selon les médias, ils ont été transférés vers des centres d'identification.

Samedi, des militants "No Borders" ont protesté contre ces transfèrements, provoquant les échauffourées pendant lesquelles le policier a fait un malaise.

Le mouvement "No Borders" appelle à une nouvelle manifestation à Vintimille ce dimanche à 15H00 (13H00 GMT), pour défendre la liberté de circulation et dénoncer un "système d'apartheid" dans la mesure où selon eux les voyageurs blancs franchissent la frontière sans encombre alors que les migrants, tous originaires d'Afrique sub-saharienne, sont bloqués.

Le président de la région Ligurie (nord-ouest), Giovanni Toti, a exprimé sur les réseaux sociaux sa "douleur et colère" après la mort du policier, et qualifié d'"irresponsable" l'action de ces militants qui d'après lui "alimentent les tensions".

"Zéro tolérance, il faut que le gouvernement intervienne", a insisté M. Toti, membre de Forza Italia (centre-droit, opposition), alors que les manifestations et échauffourées se succèdent depuis l'été 2015 à la frontière.

"A Vintimille, nous sommes en train d'éviter un nouveau Calais (au nord de la France, où se retrouvent les migrants voulant rejoindre la Grande-Bretagne, NDLR)", a réaffirmé dimanche le ministre de l'intérieur, Angelino Alfano, dans une interview au quotidien Il Messaggero.

Pour cela, le gouvernement avait souhaité fermer cet hiver le camp géré par la Croix Rouge à Vintimille, qui accueille actuellement environ 600 migrants. Mais les forces de l'ordre se contentent pour l'instant d'empêcher l'installation de campements de fortune aux alentours.

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