DIVERTISSEMENT
07/08/2016 09:26 EDT | Actualisé 08/08/2016 03:22 EDT

Heavy Montréal 2016 jour 1 : Black Label Society, Mastodon, Nightwish et Five Finger Death Punch

Paméla Lajeunesse

Le festival Heavy Montréal convie pour une autre année les amateurs de musique dans le bel environnement du parc Jean-Drapeau à l’île Sainte-Hélène, les 6 et 7 août. Or, cette fois, il partageait le même nid qu’un autre événement musical d’importance, Îles Soniq. Du moins, pour la journée de samedi. Retour sur quelques concerts qui étaient proposés à l’événement en ce premier jour d’événement.

À l’arrivée des festivaliers, le contraste était flagrant : d’un côté du spectre des mélomanes portant des vêtements technicolor et éclatants puis, de l’autre, des chandails noirs aux imprimés de têtes de mort et de personnages sortant des ténèbres. Drôle de mélange dans le métro. C’est d’ailleurs à sa sortie que le partage des festivaliers se faisait naturellement. Pour les tripeux de metal, ils prenaient le chemin de la Plaine des Jeux, où se situaient les scènes secondaires (Verte, des Arbres et de la Vallée) du gros festival Osheaga, qui avait lieu trois jours au cours du weekend précédent.

Ce qui frappait d’abord à l’arrivée dans cette immense plaine, c’est la tranquillité des festivaliers. Les fans de metal arborent peut-être un look qui évoque le diable ou la Grande Faucheuse, leur calme est tout aussi sidérant. C’est à l’image de la qualité de leur écoute. Rien à voir avec l’excitation frénétique de la clientèle d’Osheaga.

À notre arrivée sur la plaine, vers 18h, le soleil cognait toujours sur les milliers de carcasses vivantes. Heureusement, une légère brise refroidissait le moteur des festivaliers, qui était déjà nombreux à boire une bonne bière bien chère. Sur la scène Heavy, le groupe californien Black Label Society, dirigé par le chanteur Zakk Wylde (celui-ci offrira aussi un spectacle solo dimanche), livrait son stoner metal. Jambes bien écartées et ancrées dans la scène, Wylde envoyait ses ingénieux délires à la guitare électrique.

Mastodon

Juste après, les membres du groupe de sludge progressif d’Atlanta, Mastodon, sont montés sur la scène Molson Canadian, la plus grosse du festival. Elle est érigée à l’autre extrémité de la plaine, face à la scène Heavy.

Mastodon est grandement apprécié des Montréalais. La formation n’était d’ailleurs pas à sa première visite dans la métropole québécoise. Le bassiste-chanteur Troy Sanders était en grande forme, derrière ses cheveux en bataille et sa grosse barbe. On ne pouvait peut-être pas en dire autant de son comparse poilu (au look plus peace and love que metal avec son ample blouse blanche à franges), le chanteur-guitariste Brent Hinds, qui semblait un brin fatigué par le temps. En fait, on peinait à entendre sa voix. Il faut dire que cette scène ne sonnait pas particulièrement bien. Ce fut le même constat au début du concert de Five Finger Death Punch, quelques heures plus tard. La musique semblait étouffée à la sortie des haut-parleurs.

Peu importe, Mastodon a fait du bon travail. Le groupe a offert l’une des meilleures prestations de la journée (du moins à compter de 18h). On a entendu plusieurs morceaux (dont The Motherload, High Road et Ember City) du récent album du groupe intitulé More ‘Round the Sun(sorti en juin 2014). Efficace comme concert.

On aurait juste pris plus de vieilles chansons tirées des albums Remission (2002), Leviathan (2004) et autres Blood Mountain (2006)…

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Nightwish

Ensuite, c’était au tour du groupe Nightwish de proposer son metal symphonique un tantinet gothique. Écran géant, montages visuels, cannons à feu, pyrotechnie, la prestation de la formation finlandaise était un mélange de show de plaine et d’aréna. Notons la touche de théâtralité assez significative dans la facture musicale et visuelle, d’autant plus que la chanteuse Floor Jansen a régulièrement envoyé des envolées vocales (à la limite du grandiloquent) qui ajoutent une mini-saveur d’opéra celtique à cet univers de metal fantastique.

En ouverture: Shudder Before the Beautiful. Sinon, mentionnons les morceaux Weak Fantasy, Élan (sur des images vidéo de corbeaux et de soleil apocalyptique), I Want My Tears Back ainsi que la très symphonique The Greatest Show On Eath, Part 2 et Part 3, avec les trois mots «We Were Here» écrits en grosses lettres à l’écran.

Five Finger Death Punch

Finalement, le groupe américain Five Finger Death Punch (FFDP) avait plus de mordant qu’on ne l’aurait cru. Sur la scène Molson Canadian, la troupe du chanteur Ivan L. Moody n’a pas proposé que des power balades. Plusieurs morceaux comme I Got Your Six (une expression militaire qui signifie «je protège tes arrières»), Never Enough, Bad Company (de l’album War Is the Answer, paru en 2009) et Burn MF étaient relativement costauds.

À noter cette tendance redondante du chanteur à faire monter les gens sur scène, en l’occurrence deux petites filles (d’abord la plus vielle, en jaune, tétanisée et la seconde en top rose, toute petite, avec ses headphones sur la tête)… Mignon, certes, mais trop long passage et un brin cheezy. Cela dit, son message («prenez soins des enfants autour de vous dans la foule») sera toujours plus positif que les sempiternelles thématiques de FFDP liées à la guerre et aux anciens combattants.

Soulignons aussi ces quelques rigolos épisodes du spectacle durant lesquels Moody s’est battu avec ces papillons de nuit qui ont envahi la scène durant la soirée, attirés par la quantité de lumières multicolores. Ces petites créatures beiges sont apparues durant le spectacle de Nightwish, quand l’orange du coucher de soleil découpait les gratte-ciels du centre-ville de la métropole québécoise, l’autre côté du fleuve Saint-Laurent. Comme invasion, cela dit, on a déjà vu bien pire...

Quelques mots également sur la symbolique de la mort : non seulement le micro du chanteur était-il représenté d’un torse et d’une tête de squelette argenté et chromé, le batteur Jeremy Spencer portait un costume de squelette. Même que le maquillage dans son visage était foutrement bien fait.

Five Finger Death Punch en spectacle, ce ne fut pas l’extase, mais une belle surprise.

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