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07/08/2016 07:41 EDT | Actualisé 08/08/2017 01:12 EDT

Dopage: l'athlétisme kényan encore dans la tourmente, enquête sur des allégations de pot-de-vin

Les Jeux de Rio à peine débutés, les vieux démons de l'athlétisme kényan ont ressurgi sous la forme de "graves" allégations à l'encontre du manager de l'équipe nationale olympique Michael Rotich, accusé d'avoir réclamé un pot-de-vin pour donner des informations avant des tests antidopage.

"Naturellement, nous allons lancer des enquêtes pour découvrir la vérité à ce sujet", a déclaré à l'AFP le président de l'Agence kényane antidopage (Adak) Japhter Rugut, en référence aux accusations du journal britannique Sunday Times et de la télévision allemande ARD, dont des journalistes ont piégé M. Rotich en se faisant passer pour un coach et un agent d'athlète.

Lors d'une séquence filmée en caméra cachée début 2016, M. Rotich demande 10.000 livres (11.800 euros) à ses interlocuteurs pour les prévenir de l'imminence de tests antidopage, un nouveau coup dur pour l'athlétisme kényan affaibli depuis plusieurs mois par de nombreuses accusations de dopage.

Soulignant que les informations avaient été obtenues par les journalistes en début d'année, M. Rugut s'est toutefois dit "préoccupé que cela ait pris autant de temps pour les révéler. Cela semble un peu malicieux de révéler une telle information justement quand l'équipe du Kenya est aux JO".

L'enquête sur M. Rotich a notamment été menée par le journaliste de l'ARD Hajo Seppelt, à l'origine des révélations sur le dopage d'Etat en Russie.

"D'après ce que j'ai compris, le comité olympique kényan lui a demandé de quitter (Rio, ndlr) car sa présence pourrait déconcentrer, ce sont des accusations très graves", a déclaré le porte-parole du Comité international olympique (CIO) Mark Adams, lors d'un point presse à Rio.

"En ce qui concerne l'enquête, c'est une question qui relève de l'Agence mondiale antidopage (AMA)", a-t-il précisé, ajoutant que les athlètes kényans avaient été contrôlés 848 fois sur les deux dernières années. "L'équipe du Kenya est probablement la plus contrôlée".

- 'Il aime l'argent'-

La rencontre avec M. Rotich avait été suggérée aux reporters par un certain Joseph Mwangi, un des trois experts médicaux arrêtés il y a quelques mois après une précédente enquête des deux mêmes médias.

"Il aime l'argent. Si vous connaissez la faiblesse de quelqu'un, c'est plus facile de travailler avec lui", aurait déclaré M. Mwangi, qui avait accepté de procurer de l'EPO aux faux coach et agent.

Lors d'un rendez-vous, Michael Rotich aurait expliqué à ses interlocuteurs comment faire pour que les athlètes évitent les contrôles antidopage. Lors d'un autre rendez-vous, il aurait évoqué directement la question financière, promettant de prévenir de l'imminence d'un test 12 heures minimum avant celui-ci, et conseillant quelques astuces pour échapper au contrôle.

Après avoir été confronté par le Sunday Times, M. Rotich aurait assuré avoir proposé l'argent pour enquêter sur ses interlocuteurs.

Une quarantaine d'athlètes kényans ont été impliqués dans des affaires de dopage au cours des trois dernières années. L'AMA n'a décidé que vendredi de retirer le Kenya de la liste des pays "non conformes" et ce, suite à l'adoption d'une nouvelle loi antidopage que le pays est-africain a dû réviser dans l'urgence à plusieurs reprises.

Début juillet, l'ARD avait affirmé que le dopage des athlètes se poursuivait au Kenya malgré les assurances des autorités du pays et les mesures prises pour se conformer aux normes de l'AMA.

Le Kenya est mondialement renommé pour ses coureurs de demi-fond, de fond et ses marathoniens, qui font la fierté du pays.

Lors d'un point presse à Nairobi, le porte-parole de la présidence Manoah Esipisu a soutenu que le message du chef de l'Etat Uhuru Kenyatta était "clair": "Notre pays a la capacité de gagner de manière propre, nous l'avons fait par le passé et nous le referons dans le futur".

Et d'ajouter: "Nous appelons les athlètes à rester concentrés et à ne pas se laisser distraire".

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