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06/08/2016 07:45 EDT | Actualisé 07/08/2017 01:12 EDT

Yémen: l'ONU suspend momentanément les négociations de paix

L'ONU a annoncé samedi à Koweït la suspension pendant un mois des négociations de paix entre rebelles et gouvernement yéménites mais poursuivra ses démarches pour mettre fin à la guerre meurtrière au Yémen.

"Nous quittons le Koweït aujourd'hui mais les négociations de paix continuent", a déclaré à la presse l'émissaire de l'ONU Ismaïl Ould Cheikh Ahmed.

Il a assuré que les belligérants ont donné leur accord pour revenir à la table des négociations dans un mois, dans un lieu qui reste à déterminer.

La guerre au Yémen, qui a fait plus de 6.400 morts et déplacé 2,8 millions de personnes, oppose les forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenues par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite, aux rebelles Houthis alliés à l'ex-chef de l'Etat du Yémen, Ali Abdallah Saleh.

Les rebelles contrôlent la capitale du Yémen Sanaa depuis septembre 2014.

La suspension officielle des pourparlers de paix, qui était attendue, a coïncidé avec l'annonce à Sanaa par les rebelles chiites Houthis et leurs alliés de la désignation des membres d'un conseil créé pour gouverner le pays.

Cette mesure est destinée à asseoir leur pouvoir.

La création de ce conseil avait été faite le 28 juillet et dénoncée par le gouvernement yéménite reconnu internationalement comme un coup porté aux déjà difficiles pourparlers de paix.

Le médiateur de l'ONU a renouvelé samedi sa condamnation de cette mesure, en affirmant qu'elle "ne sert ni le peuple yéménite ni le processus de paix.

La résolution 2216 du Conseil de sécurité de l'ONU appelle les rebelles à se retirer de la capitale yéménite et à rendre les armes lourdes.

Le conseil mis en place par le camp rebelle est composée de dix membres (cinq de chaque partie), dont Salah al-Sammad, chef du bureau politique d'Ansarullah, bras politique des Houthis, et Sadek Abou Ras, secrétaire général adjoint du parti du Congrès populaire général de M. Saleh, selon la liste publiée par l'agence de presse Saba, contrôlée par les Houthis.

- Pas d'échec selon l'ONU -

En dépit de l'absence de progrès apparent dans les négociations de paix qui s'étaient ouvertes à Koweït le 21 avril, l'émissaire de l'ONU a refusé de parler d'échec.

"Nous n'avons pas échoué et nous pensons que les pourparlers de Koweït ont permis d'atteindre certains objectifs", a-t-il dit sans donner d'autres précisions.

Il a demandé à nouveau aux deux parties de faire des concessions pour arriver à la paix.

Le gouvernement yéménite avait annoncé le 31 juillet avoir accepté un projet d'accord de paix proposé par l'ONU, mais les rebelles l'avaient rejeté.

Ce plan prévoit notamment le retrait des rebelles des zones qu'ils ont conquises, la remise des armes lourdes qu'ils ont prises à l'armée et un échange des prisonniers de guerre, avant des négociations politiques.

Ce plan était présenté comme une ultime proposition de l'ONU pour trouver une solution au conflit qui a conduit à une grave crise humanitaire dans ce pays très pauvre de la péninsule arabique.

Le Yémen est en proie au chaos depuis l'entrée en septembre 2014 dans la capitale Sanaa des rebelles Houthis, accusés par l'Arabie saoudite sunnite voisine et alliée du pouvoir de liens avec l'Iran chiite.

Sur le terrain, les combats se sont poursuivis, notamment dans le secteur de Naham, au nord-est de Sanaa, faisant samedi 23 tués parmi les rebelles et 12 morts dans les rangs de l'armée, selon un responsable des forces armées loyalistes.

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