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06/08/2016 10:09 EDT | Actualisé 07/08/2017 01:12 EDT

JO-2016 - Judo: La Kosovare Majlinda Kelmendi, héroïne du peuple

Une enfance en temps de guerre, une détermination absolue, un succès phénoménal: la judokate kosovare Majlinda Kelmendi écrit à elle seule l'histoire sportive de tout un peuple avec un sacre promis à Rio.

L'athlète de 25 ans, porte-drapeau vendredi lors de la cérémonie d'ouverture des JO-2016 pour l'entrée de son pays dans le monde de l'olympisme, s'avance avec confiance vers sa première médaille aux Jeux, en moins de 52 kg.

"C'est la première fois que le Kosovo prend part aux jeux Olympiques. C'est un moment historique, pas seulement pour moi mais pour tout le peuple kosovar", dit-elle fièrement dans un entretien à l'AFP.

La jeune femme, un petit gabarit aux nerfs d'acier, est la grande favorite de sa catégorie où elle affiche un impressionnant ratio de 4 défaites en 105 combats en compétitions internationales depuis les JO-2012.

Il y a 4 ans à Londres, elle avait pris part à ses premiers JO mais sous étendard albanais, le Kosovo, petit état des Balkans né de la dislocation de la Yougoslavie, n'étant alors pas reconnu des instances internationales. Elle était sortie au deuxième tour.

Depuis, tout a changé et la native de Peja (Pec en serbe) s'est forgé une solide réputation sur la planète judo avec deux titres mondiaux: le premier en 2013 à Rio, où elle joue le sacre olympique dimanche, et le deuxième en 2014.

"Je veux une médaille, évidemment, et je suis sûre que je vais pouvoir rendre mon peuple fier de moi", promet Kelmendi, soutenue par son mentor Driton Kuka.

- Des soldats à la maison -

Pas question pour cette athlète de penser qu'elle est plus douée que les autres. Elle ne croit qu'en les vertus du travail et prend à coeur son rôle de modèle.

"Je dois montrer à la jeune génération de mon pays que, peu importe le nombre de problèmes que nous avons, peu importe que nous soyons un petit pays, un pays pauvre. Si on veut vraiment quelque chose on peut l'avoir. Il faut travailler dur, mais surtout, il faut croire en soi", affirme-t-elle.

Les premières années de sa vie, elle les a passées enfermée chez elle alors que la guerre ravageait son pays.

"J'ai quelques souvenirs de cette période, des choses comme les soldats ou des policiers qui venaient à la maison. Je ne comprenais pas vraiment à l'époque, je n'étais qu'une enfant. Mais maintenant, quand j'y repense, c'est terrible. Je comprends à quel point c'était dur pour mes parents", raconte-t-elle.

La judokate s'occupe financièrement de ses parents, au chômage comme un tiers de la population kosovare. Près de la moitié des quelque 2 millions d'habitants du pays est pauvre.

"Si je suis une grande championne et que je gagne tout, je n'ai pas le droit de regarder les gens de haut. Tout ce que je fais, je le fais pour moi et tout ce que j'ai vient de Dieu", confie Kelmendi, de religion musulmane.

sc/ig

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