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05/08/2016 06:22 EDT | Actualisé 05/08/2016 06:23 EDT

Russie: 160 000 personnes demandent la démission de Medvedev après des propos sur les enseignants

Yekaterina Shtukina via Getty Images
MOSCOW REGION, RUSSIA. MARCH 15, 2016. Russia's prime minister Dmitry Medvedev at a meeting of senior members of the Council for Economic Modernisation and Innovative Development under the President of the Russian Federation. The meeting took place at Stankotekh, a machine building factory owned by the Stan group of companies in the town of Kolomna, Moscow Region. Yekaterina Shtukina/Russian Government Press Office/TASS (Photo by Yekaterina Shtukina\TASS via Getty Images)

Plus de 160 000 personnes avaient signé vendredi une pétition réclamant la démission du premier ministre russe Dmitri Medvedev, qui a conseillé aux professeurs s'estimant mal payés d'aller travailler ailleurs, en pleine crise économique et à un mois et demi des législatives.

"Le gouvernement devrait être dirigé par un homme compétent, honnête, instruit. Aujourd'hui, nous voyons l'inverse", peut-on lire sur le site de pétitions en ligne Change.org, où elle a été lancée jeudi.

"Vous savez, (enseigner) est une vocation. Si vous souhaitez gagner de l'argent, il y a un tas d'endroits très bien où vous pourrez le faire plus vite", a déclaré mardi le premier ministre et ancien président russe (2008-2012) lors d'une conférence en présence de jeunes enseignants.

"Vous êtes des adultes. Si vous me posez des questions sur le fait qu'après l'université, vous êtes mal payés, eh bien que puis-je bien vous dire? Faites de meilleures études, faites en sorte de gagner plus", a-t-il continué.

Le salaire moyen des professeurs des écoles en Russie en 2016 est de 32 000 roubles (environ 640$ CAN) selon l'agence russe des statistiques Rosstat, ce chiffre cachant de fortes disparités selon les régions. Les fonctionnaires font partie des catégories les plus touchées par la chute du pouvoir d'achat subie par la population en raison de la baisse des prix du pétrole et les sanctions occidentales dues à la crise ukrainienne.

Le président Vladimir Poutine avait promis d'améliorer leur niveau de vie à son retour au Kremlin en 2012, mais le gouvernement a choisi depuis deux ans de ne pas augmenter leurs traitements à la hauteur de l'inflation.

Les propos de son premier ministre, tenus à un mois et demi des législatives du 18 septembre, ont provoqué des réactions indignées dans les réseaux sociaux et dans la presse russe.

"Les professeurs ne doivent pas être des bénévoles", regrette ainsi le journal indépendant Novaïa Gazeta, ajoutant que "le cynisme ne peut être la base de la politique intérieure gouvernementale".

"Le pouvoir ne renonce pas au paternalisme", dénonce pour sa part le quotidien libéral Vedomosti.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a jugé jeudi que la pétition ne méritait "pas une quelconque réaction".

Dmitri Medvedev avait déjà suscité une vague d'indignation en mai. Il avait répondu à des retraités de Crimée qui se plaignaient de la baisse de leur niveau de vie: "Il n'y a pas d'argent mais tenez-bon".