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03/08/2016 03:13 EDT | Actualisé 04/08/2017 01:12 EDT

Zimbabwe: la police réprime violemment une manifestation anti-gouvernement

La police zimbabwéenne a dispersé mercredi à coups de matraques et de canons à eau une manifestation de quelques centaines de personnes qui protestaient à Harare contre la politique économique du gouvernement, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les forces de l'ordre ont dispersé les manifestants qui s'étaient rassemblés devant le ministère des Finances, a constaté le correspondant de l'AFP.

Dans la foule, beaucoup arboraient le drapeau du Zimbabwe autour du cou, un symbole de la vague de contestation récente qui s'est emparée du pays.

"Un jour libérateur, désormais oppresseur", "Mugabe doit partir", "Vous avez échoué M. Mugabe", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par la foule.

La crise économique que traverse le Zimbabwe depuis le début des années 2000 s'est aggravée cette année et le gouvernement est à court de liquidités pour payer les fonctionnaires.

Ces dernières semaines, plusieurs manifestations ont secoué le pays pour dénoncer le chaos économique dans lequel est plongé le pays.

"Ce que nous disons est simple: nous avons besoin d'emplois", a affirmé à l'AFP Douglas Munjere, 30 ans et sans emploi depuis sa sortie de l'université.

"Tous ces gens devraient être au travail mais il n'y a pas d'emplois" a-t-il ajouté.

Un groupe de jeunes diplômés sans emploi avaient été interdits de manifester par la police à Harare mais ont finalement rejoint un autre cortège qui protestait contre l'introduction de "billets d'obligation", une devise locale introduite en mai, à parité avec le dollar américain.

Les manifestants ont déposé une pétition au ministère des Finances pour dénoncer cette mesure économique qui fait craindre un retour de l'hyperinflation qui avait détruit l'économie en 2008-2009, poussant alors le Zimbabwe à abandonner sa devise nationale.

Le régime de Robert Mugabe, 92 ans et au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1980, est vivement contesté ces dernières semaines, y compris au sein de ses anciens soutiens.

Il y a deux semaines, les vétérans de la guerre d'indépendance du Zimbabwe, habituellement loyaux au président ont dénoncé le comportement "dictatorial" de Robert Mugabe et appelé à sa démission.

Malgré son âge canonique, le président zimbabwéen a vivement réagi et menacé les contestataires d'une répression sévère. Une promesse rapidement tenue puisque cinq vétérans ont été arrêtés depuis la semaine dernière.

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