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03/08/2016 05:02 EDT | Actualisé 04/08/2017 01:12 EDT

Ryad promet une action "urgente" pour les travailleurs indiens bloqués

L'Arabie saoudite a promis une action "urgente" pour aider quelque 2.500 travailleurs indiens bloqués dans le royaume sans ressources après une vague de licenciements dans le secteur du bâtiment, indique un quotidien mercredi.

Le ministre saoudien du Travail Mufarraj Al-Haqbani a publié un décret autorisant les travailleurs indiens à "transférer immédiatement leur kafala (parrainage) (à un autre employeur) et à renouveler leur (autorisation de) résidence", a rapporté le quotidien Okaz.

Pour ceux voulant quitter le royaume, le décret prévoit d'alléger les restrictions au départ, a précisé un responsable du ministère, Abdullah al-Alyan, cité par ce quotidien.

En vertu du système de "kafala", les travailleurs étrangers doivent être parrainés par un employeur qui les garde ainsi à sa merci. Ils n'ont pas le droit notamment de changer d'emploi sans son accord préalable.

Ce système est critiqué par les organisations de défense des droits de l'Homme qui y voient une forme d'esclavagisme moderne.

L'annonce du ministère du Travail coïncide avec la visite mercredi du secrétaire d'Etat indien aux Affaires étrangères, V.K. Singh, dans la ville saoudienne de Jeddah (ouest), où se trouve le consulat indien.

L'Inde avait annoncé lundi qu'elle négociait avec Ryad afin de rapatrier les migrants qui ont perdu leur travail dans le royaume. Le chef de la diplomatie indienne, Sushma Swaraj a évoqué "une crise alimentaire" qui pourrait concerner plus de 10.000 travailleurs indiens.

Les Indiens sont nombreux parmi les travailleurs asiatiques immigrés dans les pays du Golfe, où des défenseurs des droits de l'Homme dénoncent régulièrement exploitations et abus incluant le non-paiement des salaires, sans pouvoir obtenir réparation.

Des militants et des responsables en Asie ont indiqué que des milliers d'Indiens, Philippins et Pakistanais se trouvaient bloqués en Arabie saoudite après une série de licenciements dans le BTP en raison de la chute des cours de pétrole.

Certains ont été forcés de mendier ou de fouiller dans les poubelles pour survivre après des mois sans ressources, selon des responsables.

M. Alyan n'a pas mentionné les travailleurs philippins et pakistanais et rejeté les "rumeurs" faisant état de 10.000 migrants indiens mourant de faim dans le royaume.

Pour lui, il est "urgent" de trouver une solution pour les "2.500 employés indiens de l'entreprise Saudi Oger qui ont fait face à des difficultés en raison des retards (de paiement de) salaires".

En mars, plusieurs sources avaient indiqué que les grandes sociétés de construction en Arabie saoudite avaient été touchées par la baisse des cours de pétrole depuis deux ans.

Saudi Oger, géant de la construction, fait partie des entreprises les plus affectées.

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