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03/08/2016 09:10 EDT | Actualisé 04/08/2017 01:12 EDT

RSF dénonce la détention arbitraire depuis août 2014 d'un journaliste sud-soudanais

Le journaliste sud-soudanais George Livio, emprisonné depuis près de deux ans sans qu'aucune charge n'ait été retenue contre lui, doit bénéficier rapidement d'un procès équitable, a plaidé mercredi Reporters sans Frontières.

George Livio travaillait dans la ville de Wau (nord-ouest) pour Miraya, la radio de la mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) lorsqu'il a été arrêté le 22 août 2014.

Depuis, le journaliste "est détenu arbitrairement et au secret dans les locaux des services de renseignements sud-soudanais, à Juba", la capitale du Soudan du Sud, rappelle l'organisation de défense des journalistes dans un communiqué.

"Ces deux années d'incarcération sans fondement constituent un traitement inhumain, cruel et dégradant", dénonce RSF, qui précise que ni la famille de M. Livio, ni son avocat n'ont été autorisés à lui rendre visite en détention. Seuls des personnels de la Minuss ont eu accès au journaliste.

"Nous exigeons que les charges retenues contre George Livio lui soient présentées et qu'il puisse obtenir un procès équitable", poursuit l'organisation.

Par ailleurs, RSF a accueilli avec "soulagement" l'annonce de la libération sous caution le 29 juillet du très respecté Alfred Taban, du Juba Monitor, détenu au secret pendant 13 jours après la publication d'un éditorial au vitriol dénonçant l'échec complet des deux têtes de l'exécutif sud-soudanais, le président Salva Kiir et le chef de l'ex-rébellion Riek Machar.

Alfred Taban devra toutefois répondre de poursuites pénales pour "communication ou publication de fausses informations sur le Soudan du Sud" et "outrage à l'autorité ou insulte au président".

Depuis le début de l'année, et plus encore depuis les combats meurtriers à Juba du 8 au 11 juillet, les journalistes et défenseurs des droits de l'Homme sont particulièrement visés par les autorités et nombre d'entre eux vivent dans la clandestinité ou ont choisi l'exil.

Neuf journalistes ont été tués depuis 2015 au Soudan du Sud, où les récents combats font craindre une reprise d'affrontements à grande échelle dans ce pays marqué par une guerre civile déclenchée en décembre 2013, et qui a déjà fait plusieurs dizaines de milliers de victimes.

fal/lp