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03/08/2016 08:48 EDT | Actualisé 04/08/2017 01:12 EDT

Les représentants autochtones ravis de l'enquête

Ils en parlent depuis plus de 16 ans, font des recherches depuis 11 ans et ont multiplié les requêtes d'aide auprès du gouvernement fédéral. Les autochtones auront enfin droit à une enquête nationale sur les femmes autochtones tuées ou disparues et ils s'en réjouissent.

« Cette annonce est le résultat direct du militantisme acharné de femmes incroyablement résilientes sur plusieurs années. Je salue nos sœurs pour leur travail et je me joins à elles alors que nous entreprenons un voyage qui sera certainement difficile, mais nécessaire », a déclaré la présidente du Conseil des femmes de l'Assemblée des Premières Nations, Denise Stonefish, par voie de communiqué.

Relations entre les forces de l'ordre et les Premières Nations, la violence faite aux femmes, les pratiques des institutions gouvernementales seront examinées et revues au cours du processus qui pourrait durer deux ans.

Ils espèrent ainsi mettre fin aux préjugés, à la discrimination, et au mystère qui plane sur les disparitions et les meurtres de femmes.

« Je suis heureuse [...] de savoir que les âmes, les esprits de nos sœurs disparues ou assassinées, qui attendent peut-être encore justice puissent enfin la recevoir. Et j'ai une grande émotion pour les familles qui ont attendu tellement longtemps, surtout sous le gouvernement Harper, d'obtenir cette commission d'enquête », a affirmé l'auteure et militante autochtone, Natasha Kanapé Fontaine.

Des points à clarifier

Mais les attentes sont élevées et certains expriment déjà des réserves. Comme la commission d'enquête ne rendra à terme que des recommandations non contraignantes, les associations autochtones espèrent qu'Ottawa voudra bien appliquer des mesures significatives par la suite.

« Il y a des aspects importants qui mériteront d'être approfondis, notamment sur le mandat de la commission et surtout sur ses limites », a affirmé Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.

De son côté la présidente de l'Association des Femmes autochtones du Canada, Dawn Lavell-Harvard, s'est dite préoccupée que les familles éprouvées par des disparitions ou meurtres de leurs proches n'aient pas accès au système pénal.

Elle indique d'ailleurs que son association se penchera sur la partie du budget de 53,8 millions qui leur sera alloué pour qu'ils puissent « obtenir des réponses à ce qu'ils cherchent » devant les tribunaux.

Les représentants des Premières Nations espèrent également qu'une aide psychologique sera prévue pour vaincre les traumatismes « qui n'ont pas de limite de temps » vécus par les victimes et leurs proches.

« On ne doit pas retraumatiser ces familles dans le processus de la commission », affirme Dawn Lavell-Harvard.

Québec a annoncé qu'il collaborera à l'enquête « par tous les moyens mis à [leur] disposition » et espère améliorer les conditions de vie des femmes autochtones.