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02/08/2016 22:14 EDT | Actualisé 03/08/2017 01:12 EDT

Indonésie: des condamnés à mort ont passé des heures sans savoir qu'ils ne seraient pas exécutés (avocat)

Dix condamnés à mort pour trafic de drogue en Indonésie ont été informés officiellement qu'ils ne seraient pas fusillés seulement des heures après l'horaire prévu du peloton d'exécution, a révélé mercredi un avocat.

Un Indonésien et trois Nigérians avaient été exécutés le 30 juillet peu après minuit au complexe pénitentiaire de Nusakambangan (sud), "l'Alcatraz indonésien", en dépit des vives protestations d'ONG de défense des droits de l'Homme, du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et de l'Union européenne.

Mais les dix autres -- des ressortissants d'Indonésie, du Pakistan, du Zimbabwe, d'Inde et du Nigeria -- qui devaient également être exécutés, ne l'ont finalement pas été cette nuit-là.

Des heures entières se sont écoulées jusqu'au petit matin sans que ces condamnés placés à l'isolement, qui s'attendaient à être exécutés dans la nuit, ne sachent ce qui se passait, a raconté Arinta Singgih, l'avocat de la condamnée à mort indonésienne Merri Utami.

"A six heures du matin, les portes de la cellule d'isolement étaient ouvertes. Se doutant qu'ils ne seraient pas exécutés, ils se sont serrés dans les bras les uns les autres dans la joie", a déclaré Arinta à l'AFP.

C'est seulement ensuite qu'ils ont été informés par des responsables qu'ils ne seraient pas exécutés le 30 juillet, sans explication, a-t-il ajouté.

Les avocats des condamnés avaient été eux aussi maintenus dans le flou complet, sans savoir pourquoi les exécutions prévues n'avaient pas eu lieu, l'un d'eux qualifiant ces événements de "chaos total".

Le procureur général d'Indonésie, Muhammad Prasetyo, chargé des exécutions, avait suggéré dans la matinée du 30 juillet que l'exécution de ces 10 condamnés n'était pas imminente, sans explication sur les raisons qui ont conduit les autorités à les épargner dans l'immédiat.

Lors de la précédente série d'exécutions, en avril 2015, huit hommes -- deux Australiens, un Brésilien, quatre Nigérians et un Indonésien -- condamnés pour trafic de drogue dans des affaires distinctes avaient été fusillés.

Parmi les autres étrangers dans le couloir de la mort figurent le Français Serge Atlaoui et la Philippine Mary Jane Veloso, condamnés pour trafic de drogue et tous deux retirés de la liste d'exécutions l'an passé.

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