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03/08/2016 06:19 EDT | Actualisé 04/08/2017 01:12 EDT

France : Sainte-Rita, "l'église des animaux", évacuée avant sa démolition

Elle était la seule église parisienne à accueillir des animaux aux offices : après une longue résistance l'église Sainte-Rita, animée par des catholiques traditionalistes, a été évacuée mercredi, avant sa démolition en vue d'un projet immobilier.

Une trentaine de personnes qui occupaient "sans droit ni titre" l'édifice de style néo-gothique située dans l'ouest de Paris ont été évacuées "sans incident", a indiqué la préfecture de police de Paris, précisant que cette église n'était plus "consacrée ni dédiée au culte".

Plusieurs membres de l'opposition de droite, comme le député Eric Ciotti, ont en revanche fustigé le déploiement policier et le "triste symbole" de cette évacuation par un "pouvoir socialiste sans âme et sans repère".

Le maire de l'arrondissement Philippe Goujon, opposant à la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, s'est indigné que l'évacuation ait lieu "alors que toute la communauté chrétienne est en deuil", une référence à l'assassinat, le 26 juillet, d'un prêtre de 85 ans dans son église à Saint-Étienne-du-Rouvray (nord-ouest), par deux hommes se réclamant de l'organisation État islamique (EI).

Le propriétaire de l'église, l'association des Chapelles catholiques et apostoliques (sans lien avec l'Eglise catholique officielle) a décidé sa destruction en vue de laisser place à un projet immobilier.

Mais des offices religieux ouverts aux animaux de compagnie, dont une bénédiction annuelle des chiens, chats, oiseaux, etc, y étaient toujours célébrés selon le rite "gallican", non reconnu par le Vatican.

Le prêtre y est une figure du catholicisme traditionaliste en France, l'abbé Guillaume de Tanouärn, qui a organisé la résistance à la tête de ses fidèles.

"Je suis scandalisée, triste, écoeurée que ce genre de choses se passe en France. C'était effrayant, ce déploiement policier pour une occupation pacifique. Et en pleine messe, en plus", déplorait une femme de 27 ans, venue soutenir les occupants.

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a souligné que cette église n'est pas "dans le patrimoine historique" et que c'est "l'association qui en est aujourd'hui responsable" qui a décidé de "la détruire". "Les règles (et) la loi" s'appliquent "pour tout le monde de la même manière", a-t-il fait valoir, appelant à "l'apaisement" plutôt qu'à "attiser les tensions".

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