POLITIQUE
03/08/2016 08:17 EDT | Actualisé 05/08/2016 07:05 EDT

Enquête nationale sur les femmes autochtones : un gain pour «toutes les femmes du monde» (VIDÉO)

OTTAWA – La vice-chef du conseil de bande de Uashat-Maliotenam, sur la Côte-Nord, se réjouit de voir son amie Michèle Audette siéger comme commissaire dans le cadre de l’enquête sur les femmes et filles autochtones disparues et assassinées. Mais Virginie Michel pense surtout qu’il s’agit d’un « pas de plus » pour toutes les femmes.

« La première réaction que j’ai eue, c’est : "Michèle, tu as atteint ton but. Depuis des années, tu répètes et tu répètes les mêmes choses. Aujourd’hui, tu peux être fière de toi parce que tu as collaboré pour être entendue et que les femmes autochtones soient entendues" », a réagi la vice-chef de bande, qui était de passage à Ottawa pour assister à l’annonce.

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Cinq commissaires, dont la militante et ancienne candidate libérale Michèle Audette, auront la tâche de mener l’enquête nationale dès le 1er septembre et de produire un rapport sur les causes de la violence envers les femmes autochtones. Leur mandat prendra fin le 31 décembre 2018.

« C’est un gain pour les femmes autochtones que cette commission-là soit créée. Avant, on nous ignorait. On passe de l’indifférence et de l’ignorance à la considération et au respect », fait valoir Virginie Michel, une Innue de la communauté de Maliotenam.

À son avis, le fait que les trois ministres impliquées dans le processus soient des femmes a pesé lourd dans la balance. La ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould – elle-même d’origine autochtone – peinait à retenir ses larmes lors de l’annonce, mercredi matin.

Les commissaires pourront faire comparaître des témoins et recueillir des éléments de preuve pour ensuite formuler des recommandations. Si les effets concrets de l’enquête tardaient à se faire sentir, Virginie Michel pense tout de même qu’il s’agit d’une avancée considérable pour toutes ses sœurs – autochtones ou non.

« C’est un pas de plus pour les femmes. Pas juste pour les femmes autochtones, mais toutes les femmes du monde – parce qu’elles seront considérées et respectées », conclut Virginie Michel.

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