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02/08/2016 22:05 EDT | Actualisé 03/08/2017 01:12 EDT

Chine: plus de 7 ans de prison pour le militant des droits de l'Homme Hu Shigen

Le militant chinois des droits de l'Homme Hu Shigen a été condamné mercredi à sept ans et demi de prison ferme pour "subversion de l'Etat", ont rapporté des médias officiels, nouveau tour de vis dans la répression des voix dissidentes dans le pays.

M. Hu, dont le procès-éclair a eu lieu mercredi devant une Cour populaire intermédiaire de Tianjin (nord), est le deuxième activiste à être jugé suite à la "répression du 7 juillet", une série d'arrestations de vaste ampleur intervenue à travers la Chine à l'été 2015.

Hu Shigen a plaidé coupable et ne fera pas appel, a indiqué l'agence étatique Chine nouvelle, décrivant cette figure respectée de la défense des droits civiques comme "le chef d'une église souterraine", c'est-à-dire clandestine et non administrée par le régime communiste.

Plus de 200 activistes et avocats spécialistes des droits civiques avaient été interpellés en juillet 2015 par la police chinoise pour être interrogés --une campagne de répression axée autour du cabinet pékinois Fengrui, connu pour défendre des intellectuels dissidents et porter des cas sensibles devant les tribunaux.

Une douzaine de juristes et militants avaient ensuite été formellement placés en état d'arrestation pour "subversion", encourant une peine maximale d'incarcération à perpétuité. Ils sont en détention depuis un an dans l'attente de leur procès.

C'est l'illustration d'un tour de vis supplémentaire: depuis l'arrivée du président Xi Jinping en 2013, ONG et experts dénoncent un durcissement croissant de la répression contre les voix critiques à l'égard du régime communiste, ce qui réduit drastiquement leurs moyens d'action légaux.

Le militant Zhai Yanmin, lui aussi arrêté en juillet 2015, a été condamné mardi à trois ans de prison avec sursis, également reconnu coupable de "subversion".

Le procès de Hu s'est déroulé sous haute surveillance: des dizaines de policiers en uniforme et en civil --identifiables grâce à leurs pins étoilés-- barricadaient les accès au tribunal, a constaté l'AFP.

La circulation était interrompue sur 300 mètres aux alentours. A l'entrée d'un temple voisin, une femme affirmant être un guide touristique proposait avec insistance aux journalistes étrangers présents de leur offrir une visite guidée de la ville à condition qu'ils s'éloignent du quartier.

Chine nouvelle a indiqué que 48 responsables politiques, juristes, avocats et représentants de la société civile assistaient au procès, aux côtés des journalistes d'une douzaine de médias de Chine continentale et de cinq médias d'ailleurs --de fait, des publications hongkongaises avaient été conviées.

En revanche, les proches des avocats et militants arrêtés sont privés de contact avec eux depuis un an, et ne peuvent pas assister aux procès, certains étant placés en résidence surveillée au même moment.

L'avocat Zhou Shifeng, emblématique directeur du cabinet Fengrui, doit être jugé dans les prochains jours, selon le journal hongkongais SCMP.

dly-jug/at