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03/08/2016 02:27 EDT | Actualisé 04/08/2017 01:12 EDT

Chine: le Parti va contrôler strictement la jeunesse communiste, dans le collimateur du président Xi

Le Parti communiste chinois (PCC) va imposer des contrôles renforcés sur sa branche pour la jeunesse, désormais dans le collimateur du président Xi Jinping, ont annoncé des médias d'Etat, apparente attaque contre les alliés réformateurs du Premier ministre Li Keqiang.

Derrière la mise au pas de la puissante Ligue de la jeunesse communiste (LJC), les observateurs décryptent une lutte de tendances au sommet du régime.

Le comité central du PCC a établi un plan destiné à réduire drastiquement les effectifs de la LJC, et à déplacer davantage d'employés vers des "régions où ils pourront plus effectivement toucher la jeunesse", ont rapporté les médias gouvernementaux mardi soir.

Les officiels de la Ligue doivent consacrer l'essentiel de leur temps à "travailler véritablement avec la jeunesse", et encourager les jeunes "à suivre scrupuleusement le Parti", avertit ce document, au ton de sévère rappel à l'ordre.

Fondée dès 1920 pour promouvoir le marxisme-léninisme chez les jeunes Chinois âgés de 14 à 28 ans, la LJC sert traditionnellement de terrain d'essai pour les jeunes "talents" politiques et de vivier de recrutement aux cadres du régime.

Outre l'actuel chef du gouvernement Li Keqiang, le prédécesseur du président Xi, l'ex-président Hu Jintao, ancien patron de la LCJ, a symbolisé la réussite de cette filière.

La Ligue de la jeunesse comptait 87 millions de membres fin 2015, soit approximativement autant que sa "maison-mère", le Parti communiste. Elle constitue une "faction" à part en son sein: tout un bloc de cadres très soudés, historiquement plus favorable aux courants réformateurs, en est issu.

Or, la LJC est depuis plusieurs mois en butte à des attaques répétées, dont des réprimandes venant du président Xi Jinping lui-même -- un "prince rouge" dont le père était déjà un haut dirigeant du régime.

"Xi déteste entièrement cette faction de la Ligue de la jeunesse ; du coup, on voit le Premier ministre Li marginalisé, mis de côté", explique à l'AFP Willy Lam, expert en politique de la Chinese University de Hong Kong.

Le président chinois, à l'heure où il s'efforce de renforcer son pouvoir tous azimuts, "fait tout ce qu'il peut" pour amoindrir l'influence de ce groupe associé à la LJC, qu'il perçoit comme un gisement d'"ennemis potentiels", ajoute M. Lam.

Le président Xi avait fustigé le mois dernier l'attitude trop "aristocratique" des dirigeants de la Ligue, suggérant qu'ils abusaient de leurs privilèges.

Dans le même esprit, le gendarme anticorruption du Parti avait en avril accusé la Ligue de graves manquements dans le développement idéologique de la jeunesse et de s'être éloigné de la ligne des instances dirigeantes du PCC.

Le comité central de la LJC avait été contraint à une humiliante "autocritique", reconnaissant devoir faire preuve d'un meilleur "sens des responsabilités".

bfc-jug/nos

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