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03/08/2016 06:20 EDT | Actualisé 04/08/2017 01:12 EDT

Canada: une juge amérindienne pour enquêter sur les disparitions de femmes autochtones

Une juge amérindienne dirigera, de septembre jusqu'à fin 2018, une vaste enquête publique sur les meurtres et disparitions de femmes autochtones au Canada, a annoncé mercredi le gouvernement.

La mise en place de cette commission d'enquête fait suite à 18 séances de consultations publiques, au cours desquelles plus de 2.000 femmes autochtones ont été entendues depuis décembre dernier dans le pays, afin d'établir le cadre des travaux.

Elle sera présidée par la juge autochtone Marion Buller, qui sera assistée par quatre autres commissaires.

"Ce que nous avons entendu était sans ambages et très personnel. Il ne fait aucun doute qu'il y a un besoin urgent d'examiner les causes sous-jacentes et profondément systémiques de cette violence, y compris le racisme, le sexisme, et l'impact continu du colonialisme", a souligné en préambule la ministre fédérale des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett.

Réclamée depuis des années par les leaders autochtones, cette investigation avait toujours été refusée par le précédent gouvernement conservateur.

Souvent accusée de ne pas enquêter avec le même soin ou la même célérité sur ces disparitions, la police a recensé près de 1.200 femmes autochtones disparues ou assassinées entre 1980 et 2012, soit trois à quatre fois plus en proportion que dans le reste de la population canadienne.

Les Amérindiens, Inuits et Métis représentent 4,3% de la population canadienne, soit 1,4 million de personnes.

L'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées débutera donc ses travaux le 1er septembre et devra rendre ses conclusions et recommandations le 31 décembre 2018.

Les enquêteurs ne pourront pas déférer d'éventuels accusés à la justice mais auront toute latitude pour faire comparaître des témoins et exiger la remise d'éléments de preuve.

sab/bdx