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03/08/2016 12:42 EDT | Actualisé 04/08/2017 01:12 EDT

Blocage sur le "pacte mondial" pour favoriser l'accueil des réfugiés

Les pays membres de l'ONU ont refusé de s'engager à accueillir chaque année au moins 10% des réfugiés comme le proposait le secrétaire général Ban Ki-moon pour soulager le fardeau des pays d'accueil.

Ce "pacte mondial" censé assurer un partage équitable des responsabilités face à la plus grave crise migratoire depuis la Seconde guerre mondiale devait être adopté lors d'un sommet au siège de l'ONU à New York le 19 septembre.

Mais l'objectif des 10% ne figure plus dans la déclaration finale préparée en prévision du sommet.

Tout au plus les pays promettent-ils de "travailler à l'adoption en 2018 du pacte mondial sur les réfugiés".

Un "pacte pour une migration sûre, ordonnée et régulière" serait aussi négocié en parallèle.

Le reste du document se résume à un catalogue de bonnes intentions envers réfugiés et migrants: respect des droits de l'homme, lutte contre le trafic et la xénophobie, accent mis sur les "causes sous-jacentes" de la crise migratoire, promesses de soutien financier aux pays d'accueil.

La conseillère de M. Ban pour le sommet de septembre Karen AbuZayd s'est cependant déclarée "très satisfaite de l'accord". Elle s'est félicitée de ce que des négociations sur le pacte distinct concernant les migrants commenceront l'an prochain.

Elle mise aussi sur des "contributions importantes" que pourraient faire les pays donateurs à l'occasion d'une conférence présidée par Barack Obama le 20 septembre à New York.

- 'Echec déplorable' -

Amnesty International a dénoncé mercredi "un échec déplorable" et une "occasion historique gaspillée".

Le document a été "affaibli" au fil des négociations qui se sont terminées mardi soir à New York. Amnesty a mis en cause un groupe de pays (Australie, Chine, Egypte, Inde, Russie, Pakistan, Royaume-Uni). D'autres incriminent aussi les Etats-Unis et l'Union européenne, très divisée sur ce dossier.

"Confrontés à la plus grave crise de réfugiés depuis 70 ans, les dirigeants mondiaux ont refusé d'assumer leurs responsabilités", a déploré Charlotte Phillips, conseillère sur les réfugiés et migrants à Amnesty. "Ils ont repoussé à plus tard des décisions essentielles alors que les réfugiés se noient en mer ou croupissent dans des camps sans espoir pour l'avenir".

Depuis le début de l'année, 94.000 personnes, pour la plupart originaires d'Afrique subsaharienne, ont franchi la Méditerranée, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). La traversée a coûté la vie à plus de 3.000 migrants, soit 50% de plus que sur la même période l'année dernière.

Le "pacte mondial de partage des responsabilités" proposé par l'ONU en mai visait notamment à soulager les pays en développement où affluent des réfugiés syriens fuyant la guerre.

Quelque 65 millions de personnes sont réfugiées ou déplacées à travers le monde, dont 21 millions de réfugiés, trois millions de demandeurs d'asile et 40 millions de personnes déplacées.

A eux seuls la Turquie, le Pakistan, le Liban, l'Iran, l'Ethiopie, la Jordanie, le Kenya et l'Ouganda reçoivent plus de la moitié des réfugiés, selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Le nombre total des migrants est estimé par l'ONU à plus de 244 millions.

avz/faa