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03/08/2016 09:23 EDT | Actualisé 04/08/2017 01:12 EDT

Azerbaïdjan: début du procès contre 18 membres d'un groupe islamiste

Le procès de 18 membres d'un groupe islamiste s'est ouvert mercredi à Bakou, suscitant les critiques de l'opposition azerbaïdjanaise, qui a qualifié leur arrestation de "provocation".

Arrêtés en novembre à Nardaran, ville située au nord de Bakou, lors d'une opération des forces de l'ordre ayant fait une dizaine de morts dont deux policiers, les 18 hommes sont accusés d'appartenir au "Mouvement de l'unité islamique".

Jugés entre autres pour "terrorisme" et "tentative de prise de pouvoir par la force", ils ont tous plaidé non coupables après la lecture de l'acte d'accusation.

Le chef du mouvement, Talekh Baguirzadzé, a affirmé avoir été soumis à la "torture" pendant sa détention et a dénoncé l'opération policière à Nardaran comme une "provocation", a déclaré à l'AFP son avocat Eltchine Sadigov.

"Les fidèles étaient en train de prier lorsque dans la salle ont déferlé environ 20 à 30 hommes armés et masqués", a assuré son avocat, affirmant que "la mort des deux policiers ne peut être imputée qu'aux autorités."

Jamil Hasanli, président du principal parti d'opposition, le Conseil national des forces démocratiques, a apporté son soutien au chef du "Mouvement d'unité islamique".

"Il est devenu évident qu'il s'agit d'une vulgaire provocation contre les opposants au régime", a-t-il déclaré à l'AFP.

Pour Ali Kerimli, à la tête du parti d'opposition, le Front populaire de l'Azerbaïdjan, l'arrestation de M. Baguirzadzé est un "plan pour ternir l'opposition".

Le début du procès des membres du "Mouvement de l'unité islamique" coïncidait mercredi avec l'ouverture de celui de l'opposant Fouad Gahramanly, vice-président du Front populaire de l'Azerbaïdjan, arrêté en décembre pour "incitation à la haine raciale et religieuse".

Dirigé d'une main de fer par Ilham Aliev, l'Azerbaïdjan, petit pays du Caucase du sud, est l'un des pays les plus laïcs du monde musulman mais les autorités sont de plus en plus inquiètes face à la montée de l'islam radical.

Des critiques du régime affirment toutefois que les autorités utilisent le spectre de l'extrémisme pour persécuter des opposants politiques.

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