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03/08/2016 13:47 EDT | Actualisé 04/08/2017 01:12 EDT

Audrey Lacroix veut créer la magie olympique pour une dernière fois

RIO DE JANEIRO — Cette fois, c'est vrai: les Jeux olympiques de Rio de Janeiro seront les derniers de la nageuse québécoise Audrey Lacroix.

L'athlète de 32 ans de Pont-Rouge sourit quand on lui mentionne qu'elle avait dit la même chose avant ceux de Londres, il y a quatre ans.

«Ce sont mes troisièmes Jeux olympiques et à chaque fois, c'est spécial. La route vers les Jeux est toujours juchée d'obstacle, c'est ce qui fait en sorte que même si c'est la deuxième ou la troisième fois qu'on se qualifie, c'est l'expérience d'une vie. On se prépare pour cette grande compétition pendant quatre ans — certains pendant plus longtemps — et ça passe tellement rapidement. (...) Parfois, il faut attendre quelque temps avant de réaliser l'ampleur de cet accomplissement.

«Cette fois, je suis plus sereine. Je le sais comment ça se passe: j'ai beaucoup d'expérience olympique. J'ai tenté de faire les choses différemment. Je veux être un modèle pour notre équipe très jeune — la moyenne d'âge des 28 nageurs canadiens est de 22 ans — et participer aux performances de celle-ci.»

Après avoir aidé l'équipe des relais 4X100 m style libre et quatre nages individuelles à atteindre les finales des Jeux de Pékin en 2008, Lacroix a terminé 12e du 200 m papillon à Londres, quatre ans plus tard. Détentrice d'un baccalauréat en communications et politique de l'Université de Montréal acquis quelques temps avant les Jeux de 2012, Lacroix s'est alors donnée une année de plus dans la piscine avant d'entreprendre la prochaine étape de sa vie professionnelle.

«Aux Mondiaux 2013, j'ai raté la finale par quelques centièmes seulement. Je me suis alors dit que l'année suivante, aux Jeux du Commonwealth, je pourrais gagner une médaille avec une performance semblable, s'est rappelée Lacroix. Quand je me suis retrouvée avec ma médaille d'or (du 200 m papillon) autour du cou à Glasgow, je me suis dit: 'J'y vais pour Rio! J'embarque pour deux autres années!'.»

Au cours de ces deux années, elle a ajouté une médaille d'or au 200 m papillon aux Jeux du Commonwealth et une 12e place dans la même distance aux Mondiaux de Kazan, ses septièmes, un record canadien.

Malgré tout, Lacroix a éprouvé des doutes.

«Il y a quelques mois, j'ai frappé un mur. Je ne savais plus pourquoi je voulais venir aux Jeux. J'avais un peu de difficulté à établir mon objectif. J'ai un temps en tête, mais je ne savais plus si c'était suffisant, si ça allait me garder motivée. J'en ai parlé à mon entraîneur (Ben Titley) et j'ai réalisé que les Olympiques c'est plus qu'un temps ou une médaille, c'est d'avoir la chance de se présenter et de donner tout ce qu'on a.

«Il m'a dit qu'il était convaincu que je pouvais nager le temps que j'avais en tête, mais qu'il ne savait pas s'il serait suffisant pour atteindre la finale, mon autre objectif. Je lui ai alors demandé ce que j'allais bien faire là, contre ces filles si rapides. Il m'a répondu: 'Tu vas aller te battre. La magie ne vient pas toute seule, il faut travailler fort. Alors va faire apparaître la magie'. C'est le message que je veux passer à mes coéquipières.

«Je me situe actuellement quelque part entre la huitième et la 12e place. Je crois que le temps que je veux réaliser pourrait me mener en finale.»

Voyons voir si la magie se produira. Lacroix sera en action le 9 août. Si elle réalise son objectif, elle prendra part à la finale du lendemain.