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02/08/2016 01:10 EDT | Actualisé 02/08/2016 01:11 EDT

Jeux olympiques: le président du CIO appelle à une révision totale du système antidopage

Chris Helgren / Reuters
2016 Rio Olympics - Olympic Park - Rio de Janeiro, Brazil - 31/07/2016. International Olympic Committee (IOC) President Thomas Bach holds press conference. REUTERS/Chris Helgren FOR EDITORIAL USE ONLY. NOT FOR SALE FOR MARKETING OR ADVERTISING CAMPAIGNS.

Le président du Comité international olympique, Thomas Bach, s'est prononcé contre "l'option nucléaire" de bannir tous les athlètes russes aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro, mardi, provoquant un débat qui a mené à un blâme généralisé contre les autorités internationales dans la lutte antidopage.

Bach a ouvert l'assemblée générale de trois jours du CIO en tentant d'obtenir l'appui de l'ensemble de la commission exécutive responsable de la question du scandale de dopage en Russie.

Malgré des preuves de dopage commandité par l'État russe, le CIO a rejeté des demandes d'exclusion complète des athlètes russes aux Jeux de Rio, qui commencent vendredi, plaçant plutôt la décision entre les mains des fédérations sportives internationales.

Bach a de nouveau blâmé l'Agence mondiale antidopage pour avoir été incapable d'agir plus rapidement avec des preuves de dopage généralisé en Russie et il a ajouté qu'il serait injuste de punir des athlètes propres pour les erreurs du gouvernement russe.

"Si on met de côté toute comparaison hors proportion dans le monde du sport, imaginez un peu les conséquences de 'l'option nucléaire', a dit Bach. Le résultat est la mort et la dévastation. Ce n'est pas ce à quoi aspire le Mouvement olympique. L'approche cynique du 'dommage collatéral' n'est pas ce à quoi aspire le Mouvement olympique.

"Ce qui n'est donc pas acceptable est l'insinuation par certains partisans de cette 'option nucléaire' que quiconque ne partage pas cette opinion ne lutte pas contre le dopage", a-t-il ajouté.

Le CIO a été critiqué par plusieurs agences antidopage, des groupes d'athlètes et les médias occidentaux pour ne pas avoir banni l'ensemble de la délégation russe. La pression pour cette option a augmenté après la publication des résultats d'une enquête indépendante de l'AMA par l'avocat canadien Richard McLaren, qui a critiqué le ministère du Sport russe pour avoir facilité la manipulation et caché des échantillons d'urine positifs pendant plusieurs Jeux olympiques d'hiver et d'été.

"Le désir de justice ne doit pas priver un humain du droit de prouver son innocence, a déclaré Bach. C'est pour cette raison que la commission exécutive du CIO accorde ce droit aux athlètes russes."

Démontrant le profond schisme entre les leaders de l'Olympisme et ceux de la lutte antidopage, Bach a déclaré que c'était l'AMA _ et non le CIO _ qui était responsable du problème de dopage en Russie.

"Ce n'est pas le CIO qui est responsable des accréditations et de la supervision des laboratoires antidopage, a-t-il dit. Ce n'est pas le CIO qui peut être tenu responsable pour la corruption soupçonnée entre les leaders d'une fédération internationale et ceux d'une fédération nationale pour cacher le dopage.

"Le CIO n'a pas l'autorité pour déclarer une organisation non conforme au code de l'AMA. Le CIO n'a pas d'autorité sur le programme de contrôles antidopage des athlètes à l'extérieur des Jeux olympiques. Le CIO n'a pas l'autorité pour faire un suivi sur des informations sur l'échec du système antidopage."

Le délégué israélien Alex Gilady a fait écho aux propos de Bach.

"Ce n'est pas la réputation du CIO qui doit être restaurée, c'est celle de l'AMA", a-t-il dit.

Le président du Comité olympique russe, Alexander Zhukov, a fait partie des nombreux délégués à prendre la parole et il s'est lancé dans une tirade contre ce qu'il a qualifié de campagne politique contre la Russie et de "discrimination" contre des athlètes propres qui ne sont pas liés au dopage.

"Je vous demande de résister à cette pression sans précédent qui est maintenant placée sur l'ensemble du Mouvement olympique et de ne pas laisser cette pression diviser la grande famille olympique" a déclaré Zhukov.

Zhukov a critiqué la Fédération des associations internationales d'athlétisme (IAAF) et l'AMA, disant que l'agence qui souhaite l'exclusion complète de l'équipe russe est la même qui supervisait l'Agence antidopage russe et son laboratoire.

"Pourquoi l'AMA n'est-elle pas responsable pour les infractions commises par les laboratoires qu'elle a accrédités?" a-t-il demandé.

Bach a reçu l'appui de la majorité des délégués pendant le débat, mais les plus sévères critiques sont venues du représentant du Canada Richard Pound, un ancien président de l'AMA qui est en faveur de l'exclusion complète de la Russie _ ce qu'il a déjà appelé "l'option nucléaire".

"Nous devons en faire beaucoup plus pour démontrer l'importance d'avoir des compétitions justes avec des athlètes propres", a-t-il dit.

Puisqu'une décision a déjà été prise pour les Jeux de Rio, Pound a déclaré que le CIO devait prévoir une autre réunion pour régler la question.

"Le Mouvement olympique fait face à une menace provoquée par la corruption du système antidopage par le gouvernement d'un pays. Nous allons avoir besoin de temps pour réfléchir", a dit Pound.

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